OMC : sur le départ, Pascal Lamy affiche un bilan mitigé

(IPON-BONESS SIPA)

Le futur président de l'OMC a été désigné, ce sera le Brésilien Roberto Azevedo. Il prendra ses fonctions le 1er septembre prochain, en replacement du Français Pascal Lamy. Ce dernier quittera son poste sur un bilan en demi-teinte, alors que les négociations de Doha sur la réforme du commerce international, engagées dès 2001, n'ont toujours pas abouti. Invité de France Info, Pascal Lamy est revenu sur la situation du commerce mondial.

C'est finalement sur un
bilan mitigé que Pascal Lamy quittera ses fonctions de directeur général de
l'OMC, pour laisser les rênes au brésilien Roberto Azevedo. Il n'a pas réussi, tout au long de ces deux mandats – soit huit années -
passés à la tête de l'institution, à convaincre les Etats membres de boucler la
négociation de Doha. Ce cycle de discussions, lancé en 2001, vise à réformer en
profondeur le système commercial en abolissant les barrières entre les pays.

Mais les Etats
industrialisés et les émergents n'arrivent pas à s'entendre sur les conditions
de cette réforme, laissant les pourparlers dans l'impasse. "Ca n'a pas
été possible de faire la grande modification dont tout le monde rêvait il y a
une dizaine d'années car le monde a incroyablement changé. Il y a dix ans, on
était encore dans une espèce de vieux monde où les riches étaient puissants et
les pauvres faibles. On n'est plus dans ce monde, c'est beaucoup moins simple
",
a expliqué François Lamy, invité ce mercredi soir de France Info.

"Ce n'est jamais
le directeur général qui décide
"

La crise économique et commerciale n'a pas incité la communauté
internationale à prendre le chemin des concessions, en raison de l'incertitude
générale. Dans son rôle de chef d'orchestre, Pascal Lamy ne disposait pas des moyens
d'imposer des solutions à des gouvernements déterminés à dire non. Et pour
cause, le directeur général de l'OMC ne dispose d'aucun vrai pouvoir de décision :

"Le DG de l'OMC
doit être neutre, parfois discret, pour être efficace. A partir du moment où l'on
est dans cette position, il faut que les 160 membres de l'OMC puisse travailler
avec le directeur général. Ca n'est jamais lui qui décide des règles ou de leur
mise en œuvre".

A son crédit il faut toutefois
mettre une réussite majeure, celle d'avoir freiné, voire bloqué, les tendances
protectionnistes qui se faisaient jour. Il a ainsi évité des dérapages pouvant
encore aggraver la crise : "Sur les huit ans que j'aurai passés à
l'OMC, j'aurai passé quatre ans de crise à renforcer de rôle de police
d'assurance. Chacun sait qu'une vague protectionniste pendant cette crise
l'aurait aggravé
", se défend-t-il.

Certains commentateurs
imaginent déjà Pascal Lamy, 66 ans, au gouvernement suite à un remaniement. "Je
réfléchirai à tout cela à partir de septembre, mais pas avant
", assure
l'homme politique, membre du Parti socialiste.