Niger : 50.000 déplacés après une attaque des islamistes de Boko Haram

Une violente attaque du groupe djihadsite Boko Haram à Bosso, dans le sud-est du Niger, a fait le 3 juin 2016 une vingtaine de morts dans les rangs des forces nigériennes. Elle a surtout provoqué la fuite de dizaines de milliers de civils dans une région déjà très pauvre.


Après avoir longtemps semé la terreur dans le nord est du Nigeria, les islamistes de Boko Haram frappent désormais au Niger voisin. Installés dans le bassin du lac Tchad, à la limite entre les deux pays, ils multiplient les attaques contre les positions militaires nigériennes et les localités frontalières. «Ils sont venus au crépuscule à bord de voitures, lourdement armés en criant Allohou Akbar (Dieu est le plus grand), ils ont beaucoup tiré et brûlé plusieurs endroits de Bosso», témoigne à l’AFP un habitant de la ville prise pour cible vendredi 3 juin 2016.  
 
Une ville fantôme
L’attaque menée par des centaines de djihadistes à Bosso est l’une des plus meurtrières depuis que le Niger est entré en guerre contre les insurgés du Nigéria en février 2015. Elle a provoqué le déplacement de 50 000 personnes selon le HCR. «Tout le monde a commencé à fuir à l’aube», raconte un journaliste nigérien qui a suivi le mouvement. La majorité d’entre eux ont dû parcourir 30 kilomètres pour se réfugier dans la ville voisine de Tomour.


 
Une situation humanitaire inquiétante  
De nombreux Nigériens, désormais «sans abri», tentent de rejoindre la ville de Diffa où se trouve un camp de réfugiés où il reste encore quelques places. Mais la région, qui abrite déjà plus de 240 000 réfugiés et déplacés, est déjà confrontée à des crises alimentaires répétées et manque d’aides.
Inquiets de la situation dans le sud-est du pays, plusieurs Nigériens ont manifesté le 4 juin 2016 à Niamey pour dénoncer l’insécurité face à la menace de Boko Haram.

 
L’insurrection de Boko Haram, lancée en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a déjà fait près de 20. 000 morts. Plus de 2.6 millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer.

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