Une journaliste de "Quotidien" dit avoir été convoquée par la DGSI pour "compromission du secret de la défense nationale"

La journaliste de \"Quotidien\" Valentine Oberti affirme avoir été convoquée le 15 février 2019 dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) pour \"compromission du secret de la défense nationale\".
La journaliste de "Quotidien" Valentine Oberti affirme avoir été convoquée le 15 février 2019 dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) pour "compromission du secret de la défense nationale". (QUOTIDIEN)

Valentine Oberti explique qu'elle a été entendue le 15 février dans les locaux de Levallois-Perret après avoir travaillé sur les ventes d'armes de la France à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

La série s'allonge. La journaliste de "Quotidien" Valentine Oberti affirme avoir été convoquée le 15 février dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) pour "compromission du secret de la défense nationale". "Je travaillais sur les ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis", a-t-elle expliqué sur le plateau de l'émission de TMC, mercredi 22 mai. La ministre des Armées Florence Parly, poursuit-elle, "a esquivé nos questions et ses services ont préféré enclencher une procédure judiciaire qu'on pourrait qualifier d'intimidation".

La journaliste Valentine Oberti explique qu'elle a été convoquée en audition libre, accompagnée de son avocate. "Cela a duré moins d'une heure car j'ai décidé de ne répondre à aucune question", a-t-elle encore ajouté. Un journaliste ne dévoile jamais ses sources, [c'est] un fondement de notre métier garanti par la loi". Elle précise enfin que son ingénieur du son a été entendu le 11 avril et que sa JRI [journaliste reporter d'images] a été interrogée le 15.

Quatre autres convocations dans ce dossier

Un journaliste de franceinfo et deux journalistes du site Disclose avaient également été convoqués les 14 et 15 mai pour "compromission du secret de la défense nationale" après avoir travaillé sur l'utilisation des armes françaises au Yémen. Une quatrième convocation doit avoir lieu le 28 mai, a précisé le site Disclose, qui dénonce une "nouvelle tentative du parquet de Paris de contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse et de la protection des sources".

Une autre journaliste a été convoquée alors qu'elle ne travaillait pas sur le dossier des ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Ariane Chemin, journaliste au Monde, sera entendue le 29 mai prochain par la DGSI pour des articles sur l'affaire Alexandre Benalla. Cela concerne "notamment nos informations sur le profil d'un sous-officier de l'armée de l'air, Chokri Wakrim, compagnon de l'ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout", explique la rédaction du quotidien.

>> Affaire Benalla : une journaliste du "Monde" convoquée par la DGSI

Face à ces convocations répétées, huit en quatre mois, le SNJ-CGT a dénoncé un "nouveau coup de canif insupportable contre le journalisme et la liberté d'informer" et la CFDT-Journalistes "une procédure dont le but inavoué est de faire taire les journalistes dans l'exercice de leur mission d'informer".

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