Syrie : des «conseillers» français auprès des rebelles contre Daech

Paris reconnaît officiellement la présence de soldats français sur le sol syrien. Leur rôle est de conseiller les rebelles et non de participer aux combats. Des forces spéciales françaises ont été déployées en Syrie où elles «conseillent» les rebelles arabo-kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) engagés contre le groupe Etat islamique (EI).

C’était sous-entendu, c’est enfin dit. Jusqu’à présent, la France ne reconnaissait la présence de forces spéciales (150 hommes) que dans le Kurdistan irakien.
«L'offensive de Minbej (nord de la Syrie) est clairement soutenue par un certain nombre d'Etats, dont la France. Le soutien, c'est le même que d'habitude, c'est du conseil», a déclaré à l'AFP l'entourage du ministre français de la Défense sans plus de précisions sur le nombre de soldats présents.
 
Les rebelles syriens marquent des points contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui est attaqué sur plusieurs fronts en Syrie comme en Irak. Les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) et les forces du régime, qui luttent séparément contre les djihadistes, tentent de couper leur voie de ravitaillement menant à la ville de Raqqa, chef-lieu de  la province du même nom et capitale de facto de Daech (EI, ISIS).
 
Selon l'armée américaine, les Forces démocratiques syriennes engagées dans l'offensive sur Minbej sont composées d’environ 3.000 combattants arabes locaux, avec le soutien d'environ 500 miliciens kurdes. Ces chiffres laissent sceptiques les spécialistes qui penchent plutôt pour un déséquilibre en faveur des Kurdes.


 
Opération Minbej. Cette offensive, appuyée par des raids de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis, vise à couper l'axe d'approvisionnement de l'EI en  hommes, armes et argent depuis la frontière turque. «On appuie par des apports d'armes, de la présence aérienne et du conseil», avait confirmé sobrement le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Les FDS sont parvenues à la  périphérie de la ville. Elles bloquent les entrées est, nord et sud de la ville et cherchent à bloquer celle de l'ouest. L'assaut contre la ville elle-même est désormais «une question de jours», selon un porte-parole de l'armée américaine, le colonel Chris Garver.
 
Conseiller n’est pas se battre. Le ministère de la Défense précise que les militaires français n'interviennent pas eux-mêmes et ne sont donc pas susceptibles de combattre directement contre les membres de l’organisation djihadiste, particulièrement les Français ayant rejoint Daech, et présents à Minbej. Les forces spéciales françaises partent quatre à six mois à chaque mission, au rythme d'une mission et demi par an en moyenne. Environ 400 soldats des forces spéciales françaises sont engagés dans 17 pays, notamment au Sahel, sur un total de 2.500 hommes.
 
En Irak, les forces spéciales françaises accompagnent les peshmergas kurdes jusque sur la ligne de front près de Mossoul (nord), les aidant à repérer et neutraliser des engins explosifs improvisés (IED) et à manier des canons de 20 mm livrés par Paris.
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