Sexe, mariage et homosexualité dans un Maghreb "traditionaliste"

FRANCEINFO

Dans "L'amour interdit, sexe et tabous au Maghreb", Michaëlle Gagnet dépeint une société traditionaliste, dans laquelle les individus qui ne se plient pas au dogme sont sévèrement punis.

Au Maghreb, le corps de la femme appartient encore à la société. C'est ce que soutient Michaëlle Gagnet qui publie le livre L'amour interdit, sexe et tabous au Maghreb. Elle décrit des pays dans lesquels on ne parle pas de sexualité, ni dans les familles ni dans les collèges. Ces interdits ont parfois des conséquences gravissimes, souvent impunies : l'inceste ou le viol.

Afin d’échapper à la pression des proches, des collègues et même des voisins, les jeunes filles placent tous leurs espoirs dans le mariage. "C'est le sésame d'une vie sexuelle et amoureuse libre. À partir du moment où on est marié, on ne nous embête plus", décrit l'auteure.

L'homosexualité, la pire des situations

Enfin, ces mariées doivent se présenter vierges devant leur époux. Au Maghreb, les opérations d'hyménoplastie sont très courantes. Les gynécologues qui pratiquent ces reconstructions d'hymen ont, d'un côté, l'impression de sauver les jeunes filles "d'une mort sociale", mais de l'autre, la sensation d'entretenir une tradition archaïque.

L'homosexualité au Maghreb "est la pire des situations", selon Michaëlle Gagnet. Le Maroc, l'Algérie et la Tunisie prévoient une sanction de trois ans de prison pour les personnes concernées. Par ailleurs, un examen anal peut être pratiqué sur les homosexuels. "Ce sont des examens qui ne sont absolument pas scientifiques, qui ne révèlent rien. C'est vécu par les homosexuels comme un viol", poursuit la journaliste française. Bien que des réformes soient engagées, notamment en Tunisie, le Maghreb fait face à un combat permanent entre modernité et tradition. 

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