Les manifestations antigouvernementales ont repris en Irak avant une journée de mobilisation vendredi

Des manifestants dans les rues de Bagdad, en Irak, jeudi 24 octobre 2019. 
Des manifestants dans les rues de Bagdad, en Irak, jeudi 24 octobre 2019.  (KHALID MOHAMMED/AP/SIPA / SIPA)

L'ensemble des forces de sécurité ont été mises en alerte dès jeudi soir par le gouvernement d'Adel Abdel-Mahdi, arrivé il y a tout juste un an au pouvoir.

Les manifestations antigouvernementales, endeuillées début octobre par plus de 150 morts, ont repris en Irak, jeudi 24 octobre dans la soirée. Cette mobilisation survient à la veille de la mobilisation attendue des nombreux partisans du leader chiite, Moqtada Al-Sadr.

L'ensemble des forces de sécurité ont été mises en alerte dès jeudi soir par le gouvernement d'Adel Abdel-Mahdi, arrivé il y a tout juste un an au pouvoir.

Face aux forces de l'ordre, Moqtada Al-Sadr entend mettre tout son poids dans le mouvement de contestation qui dénonce la corruption des dirigeants et réclame des emplois et des services fonctionnels dans un pays riche en pétrole mais en pénurie chronique d'électricité et d'eau potable.

La crainte de nouvelles violences

Moqtada Al-Sadr, ex-chef de milice devenu héraut des manifestants anticorruption, a appelé ses partisans à manifester et a demandé à ses combattants de se tenir prêts à "protéger les manifestants", faisant redouter de nouvelles violences. Début octobre, 157 personnes ont été tuées, en majorité des manifestants, selon un bilan officiel.

Aux cris de "tous des voleurs", des centaines de personnes ont manifesté sur l'emblématique place Tahrir de Bagdad, qui a été début octobre l'épicentre de la contestation. Le ministre de l'Intérieur, Yassine Al-Yasseri, s'est rendu sur place pour affirmer aux manifestants que les policiers étaient là "pour les protéger", selon les autorités.

A Nassiriya, à 300 kilomètres plus au sud, les manifestants ont appelé à des "sit-in jusqu'à la chute du régime".

Des manifestations prévues vendredi

Les manifestations devraient grossir vendredi matin. Et, dans l'après-midi, elles seront rejointes par les partisans de Moqtada Al-Sadr, vainqueur des législatives et partie de la coalition gouvernementale, qui a réclamé la démission du cabinet et des élections anticipées dans le pays à majorité chiite.

Les partisans de Moqtada Al-Sadr avaient pris d'assaut en 2016 la zone verte de Bagdad et occupé l'ensemble des plus hautes institutions de l'Etat. Dans une claire démonstration de force, les combattants de ses "Brigades de la paix", se sont montrés récemment en armes lors de parades dans leur bastion de Sadr City à Bagdad.

Dans ce contexte de crise, un sermon prononcé au nom du grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak qui passe pour faire et défaire les Premiers ministres, est prévu à la mi-journée et est très attendu. Il y a deux semaines, ce dernier avait donné au gouvernement jusqu'à vendredi pour faire la lumière sur les violences et répondre aux demandes des manifestants, sortis pour la première fois en Irak de façon spontanée le 1er octobre.

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