Irak : secoué par la contestation, le président propose des élections anticipées et assure que le Premier ministre est "d'accord pour démissionner"

Des manifestants réunis sur la place Tahrir de Bagdad, en Irak, le 31 octobre 2019.
Des manifestants réunis sur la place Tahrir de Bagdad, en Irak, le 31 octobre 2019. (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Les manifestants, dont le mouvement dure depuis début octobre, réclament la "chute du régime" tout entier.

Le président irakien Barham Saleh a proposé, jeudi 31 octobre, d'organiser des élections anticipées, en réponse au mouvement de contestation qui secoue le pays. La loi électorale sera soumise au vote du Parlement "la semaine prochaine"Mais cette proposition, faite après plusieurs jours de rencontres avec les chefs de partis, est loin des espérances des manifestants, qui réclament la "chute du régime".

Le Premier ministre au bord de la démission

Barham Saleh a également assuré que le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, sur la sellette, était "d'accord pour démissionner" à condition que les blocs au Parlement s'entendent sur un remplaçant, ce que ces derniers ne parviennent pas à faire. Arrivé au pouvoir après les élections législatives de 2018, Adel Abdel Mahdi l'avait déjà proposé mardi.

Son départ ne peut passer que par le Parlement, qui peut lui retirer sa confiance et lui trouver un remplaçant. Depuis lundi, l'Assemblée réclame qu'il se présente devant elle, en vain. Elle a accepté jeudi la condition posée par le Premier ministre, qui a exigé que la séance soit retransmise en direct à la télévision.

Des manifestants visés par des grenades "brise-crâne"

Les manifestants mobilisés jour et nuit à Bagdad et dans des villes du Sud assurent qu'ils ne rentreront chez eux qu'une fois leurs exigences satisfaites : une nouvelle Constitution et un départ de l'ensemble de la classe politique jugée corrompue et inapte.

Une première semaine de contestation, du 1er au 6 octobre, s'était soldée selon un bilan officiel par la mort de 157 personnes, surtout des manifestants abattus par des "tireurs" que l'Etat n'a toujours pas identifiés. Le mouvement a repris le 24 octobre et cent personnes ont été tuées depuis.

Au moins cinq ont été mortellement touchées à Bagdad par des grenades lacrymogènes "jamais vues" selon Amnesty International. "Dix fois plus lourdes" que les grenades habituellement utilisées ailleurs dans le monde, elle peuvent briser des crânes et provoquent des blessures d'une horreur inédite, selon l'ONG. Tirées "directement" sur les manifestants, "elles visent à les tuer et pas à les disperser", assure-t-elle.

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