Irak : entre attentats et crise politique

Manifestation de soutien au premier ministre Nuri al-Maliki à Bagdad, en janvier 2013.
Manifestation de soutien au premier ministre Nuri al-Maliki à Bagdad, en janvier 2013. (SABAH ARAR / AFP)

Quelque 10 ans après l’entrée des Américains en Irak et neuf mois après leur retrait, la situation dans le pays est loin d’être stabilisée : au moins 23 personnes ont été tuées au cours d'une vague d'attentats survenue mercredi 16 janvier à Bagdad et dans le nord, alors que le pays traverse une crise politique.

Sur fond d’attentats et de meurtres politiques, la situation politique est paralysée par les conflits entre les différentes composantes de la société irakienne qui ne cessent de se disputer et de contester le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, tout en en faisant partie.

4.471 civils tués en 2012
Les derniers attentats en date ont eu lieu à Kirkouk, une ville du nord du pays que se disputent le gouvernement irakien et les Kurdes. Elle a été la cible de deux attentats, semblant viser le PDK, un des deux partis kurdes, au cours  desquels au moins 16 personnes ont péri. Plus au sud, un kamikaze s’est fait sauter à  proximité de locaux de l'Union patriotique du Kurdistan (l’autre parti kurde) du président irakien Jalal Talabani.

La veille, un député sunnite de la province d'Anbar engagé dans la lutte contre Al-Qaïda avait été assassiné.

Début janvier, un attentat suicide avait fait 27 morts et 60 blessés jeudi parmi des pèlerins chiites au sud de Bagdad.

Preuve que la violence n’a pas diminué dans le pays : le groupe de défense des droits de l'homme Iraq Body Count (IBC) a indiqué que le nombre de civils tués par les violences en Irak a augmenté en 2012, passant à 4.471 contre 4.059 l'année précédente.

Manifestation contre le premier ministre irakien en janvier 2013.
Manifestation contre le premier ministre irakien en janvier 2013. (KHALIL AL-MURSHIDI / AFP)

Nouri al-Maliki contesté de toute part
Le pays est secoué par une grave crise politique qui met, notamment, aux prises le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki et le bloc laïque Iraqiya (mais à dominance sunnite), parti membre du gouvernement mais très critique vis-à-vis de M. Maliki.

La minorité sunnite organise des rassemblements, accusant le gouvernement  de M. Maliki de la mettre sur la touche. Elle réclame la libération de  prisonniers ainsi que l'abrogation des lois antiterroristes dont elle estime faire les frais. Le mouvement de contestation sunnite a démarré après l'arrestation le 20  décembre de neuf gardes du ministre des Finances Rifaa al-Issawi.

Pour calmer le jeu intercommunautaire (des dizaines de milliers de sunnites avaient manifesté à Bagdad, alors que des milliers de chiites avaient défilé dans le sud du pays pour défendre le gouvernement), le gouvernement a annoncé la libération de quelque 300 prisonniers détenus en vertu d'une loi antiterroriste. 
 
Elections anticipées ?
Une contestation du gouvernement qui n’est pas seulement communautaire puisque le mouvement de protestation a reçu le soutien du mouvement chiite radical Moqtada al-Sadr dont le mouvement compte 40 députés et… cinq ministres.
 
Depuis le retrait en décembre 2011 des derniers soldats américains d'Irak  après neuf ans de présence, les disputes n'ont pas cessé entre groupes politiques, ethniques et religieux, paralysant l'action du Parlement et du gouvernement dominé par les chiites.
              
Face à cette impasse, le débat sur la possibilité de tenir des élections  générales anticipées a été relancé alors que la législature est censée se terminer en avril 2014.
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