Maroc : un jeune homosexuel agressé jugé pour "actes sexuels contre-nature"

(Cette affaire, très médiatisée, relance au Maroc le débat sur la dépénalisation de l’homosexualité, ce qu’espère obtenir l’avocat des victimes © MaxPPP)

Il avait été victime d'une agression homophobe. Il est aujourd'hui sur le banc des accusés. La violence de son agression et le procès intenté aux deux victimes avaient pourtant soulevé un tollé dans le milieu associatif marocain qui réclame l'abrogation de l'article 489 du Code pénal.

A Beni Mellal, une commune du centre du Maroc, on juge aujourd’hui un homosexuel, victime d’une agression homophobe. L’homosexualité là-bas peut être punie jusqu’à trois ans de prison, et son partenaire, agressé lui aussi, a déjà écopé de 4 mois de prison ferme. Cette affaire, très médiatisée, relance au Maroc le débat sur la dépénalisation de l’homosexualité, ce qu’espère obtenir l’avocat des victimes.

En cause, l'article 489 du Code pénal marocain

Maître Ibrahim Hassala, l’avocat d’une des victimes de l’agression homophobe a choisi sa ligne de défense : il s’apprête à demander l’abolition de l’article 489 du Code pénal marocain, l’article qui criminalise les rapports homosexuels. Quelques associations marocaines le soutiennent, mais en réalité, elles ne sont pas si nombreuses. A Beni Mellal, lors du dernier procès, une centaine de manifestants étaient plutôt venus soutenir les quatre agresseurs. 

Insultés, tabassés et trainés dans le sang

Quatre jeunes Marocains qui avaient défoncé, début mars, la porte d’un appartement dans lequel ils ont surpris un couple d’homosexuels. Ils les ont violemment insultés, tabassés, puis trainés, en sang, sur la voie publique. Ils ont filmé cette agression, et publié la vidéo, sur Internet. Ils sont poursuivis pour "agression avec arme blanche, attaque sur le domicile d’autrui, et prise d’images d’une personne nue et sa publication sur Internet". Deux des agresseurs ont déjà écopé de deux mois de prison, mais avec sursis… Les autres seront jugés aujourd’hui, en même temps que leur victime. Verdict attendu autour de 13 heures.

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