VIDEO. Malgré les pressions internationales, le Kurdistan irakien déterminé à voter pour l’indépendance

Franceinfo

Le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien doit se tenir lundi malgré les pressions d’une partie de la communauté internationale pour faire annuler ce scrutin.

La province du nord de l’Irak est appelée à voter lundi 25 septembre pour couper les liens avec Bagdad, malgré les pressions internationales pour faire annuler ce scrutin. Presque tous les acteurs majeurs de la région, la Turquie et l'Iran en tête, voient d’un mauvais œil l’ébauche d’un État kurde indépendant (le référendum pourrait donner des idées à leurs propres minorités kurdes) et brandissent la menace de sanctions, tandis que les Occidentaux estiment, eux, qu’il est trop tôt pour tenir ce vote. Dimanche, Téhéran a interdit jusqu'à nouvel ordre tous les vols aériens avec le Kurdistan irakien, à la demande du gouvernement de Bagdad.

Au Kurdistan, ces menaces sont prises au sérieux, mais les électeurs semblent déterminés à voter pour l’indépendance, à l’image de Tara, croisée dans un bazar d’Erbil. "Si aujourd’hui ou demain, ce n’est pas le bon moment, alors c’est quand ? En reportant sans cesse, on perd notre culture et notre identité kurde. Le plus tôt est le mieux", soutient-elle. 

Les Kurdes ne vont jamais renoncer à cette idée. Croyez-moi, nous aurons un État kurde

Mahmoud

à franceinfo

Au pied de la citadelle d’Erbil, des photos de figures politiques et d’artistes kurdes tapissent les murs du café Machko. Dans ce salon de thé traditionnel, emblématique de l’identité kurde, les clients sont tous des hommes. Pour eux aussi, le "oui" au référendum est une évidence. "C’est le rêve de tout le monde ici d’avoir un Kurdistan indépendant. J’espère que cette fois ça va arriver, qu’on va respecter nos droits. Les Kurdes ne vont jamais renoncer à cette idée. Croyez-moi, nous aurons un État kurde", prédit Mahmoud.

Peu de place aux voix discordantes

A Erbil, c’est à croire que l’opposition au référendum n’existe pas. Mais un homme plus jeune, Hasti, demande à s’exprimer. "Les gens qui votent 'non' ont de bonnes raisons pour cela. Ils détestent les partis au pouvoir.  Ici, les partis politiques sont tous pourris", se risque-t-il à affirmer. S’il on comprend entre les lignes qu’Hasti votera "non" à l’indépendance demain, il ne le dit jamais clairement. "J’ai peur quand je vous parle, peur qu’on m’entende", confie le jeune homme.

Car à Erbil, on dit rarement tout haut du mal de ce référendum et de son principal artisan, le président Barzani, qui aurait dû quitter son poste il y a deux ans mais a profité du chaos politique lié à l’offensive de Daech en Irak. Beaucoup de Kurdes l’accusent d’abus de pouvoir. "Ce référendum met au jour les divisions entre Kurdes même si presque tous, quel que soit leur camp, rêve d’indépendance", résume Dilovan, membre du parti d’opposition Gorran.