Les talibans pakistanais ont nié tout lien entre eux et l'homme inculpé pour l'attentat manqué samedi à New York

Faisal Shahzad, principal suspect de l\'attentat raté à New York.
Faisal Shahzad, principal suspect de l'attentat raté à New York. (France 2)

"Nous ne le connaissons même pas. Nous ne l'avons pas entraîné", a déclaré dans un entretien téléphonique avec l'AFP le principal porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan.L'attentat déjoué à Times Square a été revendiqué dans une vidéo au nom des talibans pakistanais. Les autorités américaines doutaient de sa crédibilité.

"Nous ne le connaissons même pas. Nous ne l'avons pas entraîné", a déclaré dans un entretien téléphonique avec l'AFP le principal porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan.

L'attentat déjoué à Times Square a été revendiqué dans une vidéo au nom des talibans pakistanais. Les autorités américaines doutaient de sa crédibilité.

Un Américain d'origine pakistanaise a été formellement inculpé mardi à New York. Faisal Shahzad, citoyen américain naturalisé, placé en détention à l'aéroport de J.F. Kennedy, a "reconnu son implication" et a fourni des "renseignements utiles" aux autorités américaines, selon le ministre de la Justice.

Selon le FBI, est très rudimentaire. "Il y avait de grandes chances qu'elle n'explose pas."

Inculpé de cinq chefs d'accusation mardi par un tribunal de Manhattan, le suspect risque la prison à perpétuité s'il est reconnu coupable.

Faisal Shahzad, 30 ans, né au Pakistan, a été appréhendé lundi soir au terme d'une intense chasse à l'homme de 48 heures. Il a été arrêté à l'aéroport Kennedy. Il était à deux doigts de décoller dans un avion de la compagnie Emirates pour Dubaï lorsque, à la dernière minute, les autorités ont demandé à l'équipage d'immobiliser l'appareil. Selon Michael Balboni, un ancien responsable de la sécurité de l'Etat de New York, le suspect "était très calme, il n'a pas fait d'histoires". Une arme a néanmoins été retrouvée dans la voiture qu'il aurait conduite pour se rendre à l'aéroport, a-t-il ajouté sur Fox News.

Faisal Shahzad est accusé d'avoir "reçu un entraînement pour apprendre à manier les armes au Waziristan, au Pakistan" avant d'essayer "de faire exploser" samedi une bombe placée dans une voiture garée dans le centre de New York, selon l'accusation.

Le chef de la police de New York, Ray Kelly, a indiqué que l'incident survenu à Times Square le 1er mai était le 11e attentat déjoué contre la ville depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient provoqué la destruction des tours du World Trade Center et tué plus de 2.600 personnes.

Le Pakistan a annoncé de son côté avoir arrêté deux suspects liés à l'attentat raté de New York. Les Etats-Unis avaient indiqué auparavant qu"ils "travaillaient étroitement" avec le Pakistan dans cette affaire.

L'"amateurisme" du suspect, un père de famille tranquille
Faisal Shahzad a apparemment laissé trop d'indices derrière lui pour mener à bien sa fuite. Il y a d'abord la bombe dont la confection a été jugée digne d'un amateur. La police a retrouvé deux réveils basiques, de l'essence, des bombonnes de gaz, des feux d'artifices disponibles en vente libre et des sacs d'engrais dans la voiture garée à Time Square. Cet "amateurisme" mis en avant par le maire de New York Michael Bloomberg a permis à la police de gagner un temps précieux. La bombe n'ayant pas explosé, la police a pu mettre la main sur un grand nombre d'indices matériels comme des empreintes digitales et le numéro de série de la voiture.

Même si le suspect a acheté la voiture en liquide, via le site de petites annonces Craigslist, et qu'il a effacé certains des numéros de série, les enquêteurs ont retrouvé sa trace grâce au code d'identification gravé sur le moteur du 4X4. Le propriétaire du véhicule a expliqué l'avoir vendu le 24 avril. L'acheteur n'a jamais donné son nom et a payé en liquide, mais il a aussi téléphoné "douze fois entre le 22 et le 28 avril", assure le FBI. A partir de la liste des appels passés et reçus à partir de ce téléphone, la police a découvert que le jeune homme avait reçu dans le même temps plusieurs appels provenant d'un numéro pakistanais.

Passager discret et tranquille de l'avion en partance pour Dubaï, Faisal Shahzad est dépeint, par ses anciens voisins de son village natal du Pakistan, Mohib Banda, à 25 km de Peshawar, comme un père de famille "moderne", fils de général, issu d'un milieu favorisé, qui n'avait jamais affiché de haine pour l'Amérique ou de sympathies pour l'islam radical.

Les explications du FBI
"Ca ne semble pas être un engin très sophistiqué", a déclaré John Pistole, directeur adjoint du FBI, mardi lors d'une conférence de presse. "Il y avait de grandes chances qu'il n'explose pas", a-t-il ajouté.

Le véhicule examiné par le FBI était rempli de plus de 110 kg de pétards entassés dans un récipient métallique ressemblant à une cocotte minute et 40 autres dans un bidon. Des pétards ont éclaté mais l'explosif principal - trois bidons de 75 litres de propane et deux bisons d'essence - ne s'est pas déclenché, a précisé John Pistole. Le dirigeant du Bureau fédéral d'investigation a expliqué que la bombe était en cours d'analyse dans un laboratoire situé en Virginie (est) pour déterminer l'ampleur des dégâts qu'elle aurait pu provoquer.

Mais, "ne vous y trompez pas, même si la voiture n'a pas explosé, il s'agissait d'une vraie tentative d'attentat", a nuancé le ministre américain de la Justice Eric Holder, lors de cette conférence de presse.

Revendication des talibans pakistanais
Les talibans pakistanais ont revendiqué cette tentative d'attentat pour, ont-ils dit, venger la mort le mois dernier de deux chefs d'al-Qaïda en Irak. Tehrik-e-Taliban, groupe de talibans pakistanais lié à al-Qaïda, a évoqué dans une vidéo sur internet des représailles contre les attaques de drones US, selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE.

Par ailleurs, le chef taliban pakistanais Hakimullah Mehsud, donné pour mort en janvier, est réapparu sur une vidéo pour annoncer des attentats dans de grandes villes des USA, a rapporté lundi le centre de surveillance des sites islamistes (SITE). La vidéo a été tournée le 4 avril, selon SITE. D'après les services de renseignement pakistanais, Mehsud a survécu à une attaque de drones américains dans lequel l'armée américaine pensait l'avoir tué.

Mesures de sécurité renforcées
A New York, les responsables ont la conviction que la ville est une cible privilégiée par les terroristes. "New York symbolise l'Amérique, et ils veulent nous tuer", a déclaré le chef de la police Raymond Kelly.

Depuis la tentative d'attentat manqué samedi, les patrouilles dans le métro ont augmenté, et la présence policière était accrue dans les quartiers touristiques comme Times Square, ou le sud de Manhattan où se trouvent la Bourse et les tribunaux fédéraux.

Par ailleurs, l'administration de la sécurité aérienne (TSA) a demandé aux compagnies aériennes de consulter toutes les deux heures - et non plus toutes les 24h - la liste des passagers interdits de vol. Faisal Shahzad avait été ajouté à cette liste d'environ 2.500 individus quelques heures avant son embarquement, qui a été autorisé par Emirate Airlines.

Rappel des faits
Times Square, quartier situé au coeur de Manhattan (New York), a été évacué samedi soir, après la découverte d'un véhicule piégé. Un dispositif de retardement était fixé à une boîte à l'intérieur du véhicule, qui portait des plaques minéralogiques du Connecticut. Un robot de l'équipe de démineurs a neutralisé l'engin aux premières heures dimanche.

C'est un vendeur de T-shirts qui a remarqué un "véhicule suspect, inoccupé" et prévenu un agent de la police montée, lequel a senti une odeur de poudre et vu de la fumée s'échappant d'orifices près de la banquette arrière, a expliqué le maire de New York Michael Bloomberg.

Le véhicule piégé, un Nissan Pathfinder vert sombre immatriculé dans le Connecticut, était garé à l'angle de la 45e rue et de Broadway. Son moteur tournait toujours et ses feux de détresse clignotaient.

Un pompier new-yorkais a fait état d'une "mini-explosion" survenue entre 18h et 18h30 (22h et 22h30 GMT). "Le véhicule fumait. Il y a eu un éclair", et l'ordre d'évacuation a été donné, a-t-il précisé. L'engin incendiaire, dont a été souligné le côté "amateur", était composé de trois bonbonnes de propane, de deux bidons d'essence, de fils électriques, de feux d'artifice, ainsi que de deux réveils. Il semblait aussi contenir de l'engrais chimique.

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