Les États-Unis promettent cinq millions de dollars contre toute information sur Mokhtar Belmokhtar

(Reuters TV Reuters)

Pour la première fois, le département d'État américain a placé dans sa ligne de mire des leaders d'organisations terroristes en Afrique de l'Ouest, offrant plusieurs millions de dollars pour toute information permettant de les localiser. Parmi les plus recherchés, l'ancien chef d'AQMI Mokhtar Belmokhtar, ou encore le chef de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

L'Afrique de l'Ouest, "nouveau" foyer du terrorisme dans le viseur de Washington. Pour la première fois de leur histoire, les États-Unis ont ciblé plusieurs leaders de groupes djihadistes opérant dans la zone, du Mali au Nigeria.

La méthode : offrir une forte somme en échange de toute information décisive pour localiser les cibles. Leur nom sera placardé sur des affiches dans des pays d'Afrique de l'Ouest. Les différents sites et du département d'État américain se chargeront eux de diffuser l'information.

Cinq millions pour Belmokhtar

La plus forte somme, sept millions de dollars (environ 5,4 millions d'euros), est promise à la personne qui apportera des renseignements sur Abubakar Shekau, le chef de la secte islamiste Boko Haram, auteur de plusieurs attentats et enlèvements au Nigeria, dont celui de la famille Moulin-Fournier détenue pendant deux mois au Cameroun cette année.

Autre "connaissance" de la France recherchée par Washington, Mokhtar Belmokhtar : cinq millions de dollars (environ 3,8 millions d'euros) contre tout renseignement. L'Algérien, ancien d'Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a créé son propre groupe djihadiste, "Les Signataires par le Sang", responsable notamment de la prise d'otages géante contre un site gazier à In Amenas en Algérie, en janvier dernier.

"Les traduire en justice "

Trois autres terroristes sont "valorisés" à hauteur de trois à cinq millions de dollars : Yahya Abou Al-Hammam, dirigeant d'AQMI impliqué dans la mort de l'otage français Michel Germaneau en 2010, Malik Abou Abdelkarim, commandant d'AQMI et Oumar Ould Hamahathe, porte-parole du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), chassé du Mali en janvier dernier par l'opération militaire franco-africaine.

"Tout ce que nous pouvons faire pour réduire les capacités d'AQMI, pour obtenir des informations sur ces individus et les traduire en justice, c'est notre objectif " indique un diplomate américain, sous couvert d'anonymat. Les États-Unis, qui ont salué l'opération Serval, menée par la France au Mali depuis le début de l'année, espèrent désormais que ces récompenses promises feront avancer la traque de ces chefs djihadistes, devenus des cibles prioritaires.