Les Etats-Unis mettent fin officiellement à leur mission de combat en Irak le mardi 31 août

Militaires américains dans le sud-ouest de l\'Irak (archive)
Militaires américains dans le sud-ouest de l'Irak (archive) (AFP - Jim Watson)

Ce retrait intervient sept ans après l'invasion et alors que le pays connaît un regain de violences attribuées par les experts, à un climat politique délétère.En visite à Bagdad mardi, le vice-président américain Joe Biden a enjoint les dirigeants irakiens de sortir leur pays de la crise politique.

Ce retrait intervient sept ans après l'invasion et alors que le pays connaît un regain de violences attribuées par les experts, à un climat politique délétère.

En visite à Bagdad mardi, le vice-président américain Joe Biden a enjoint les dirigeants irakiens de sortir leur pays de la crise politique.

La situation est en effet loin d'être stabilisée. Aucun nouveau gouvernement n'a été formé à la suite des élections du 7 mars et les groupes insurgés ont encore démontré ces dernières semaines leurs capacités opérationnelles.

"L'urgence de la formation d'un gouvernement se fait de plus en plus sentir, et il est certain que le vice-président exhortera les dirigeants (irakiens) à conclure ce processus", a déclaré lundi soir aux journalistes à Bagdad Tony Blinken, conseiller de M. Biden pour la sécurité nationale. Il a estimé que l'intérim assuré par le gouvernement sortant n'était "pas une solution durable". "Sans un gouvernement élu, il va être difficile pour l'Irak de régler les grandes questions qui demeurent", a-t-il ajouté.

M. Biden, dont c'est la sixième visite en Irak depuis janvier 2009, doit rencontrer les principaux dirigeants irakiens, notamment les chefs des deux principales listes au Parlement, le Premier ministre Nouri al-Maliki et l'ex-chef du gouvernement Iyad Allawi, dont les ambitions sont souvent citées parmi les raisons du blocage actuel.

Mercredi, l'armée américaine organise, en présence de M. Biden, une cérémonie pour marquer le début d'une nouvelle étape de sa présence en Irak , l'opération dite "Aube nouvelle" ("New Dawn"), dans le cadre de laquelle les 50.000 militaires américains restant dans le pays travailleront essentiellement à l'entraînement des forces de sécurité locales.

Un retrait d'Irak annoncé par Obama
Comme il s'y était engagé peu après son investiture en janvier 2009, le président Barack Obama annoncera officiellement mardi soir, la fin de la mission de combat de ses troupes en Irak lors d'un discours prononcé dans le cadre solennel du Bureau ovale de la Maison blanche.

Il devrait également s'entretenir au téléphone avec son prédécesseur, George W. Bush, qui, avec le soutien de plusieurs pays, avait pris la décision controversée d'envahir l'Irak en mars 2003.

Depuis le début de l'invasion en 2003, 4.417 soldats ont perdu la vie.

Le problème: l'impasse politique
Des inquiétudes se sont révélées quant à l'état de préparation des forces irakiennes. Le chef de l'état-major irakien, le général Babaker Zebari, a même jugé récemment prématuré le retrait américain, exhortant les Etats-Unis à demeurer dans son pays jusqu'à ce que l'armée soit complètement prête en 2020.

Washington s'en tient néanmoins à sa stratégie de retrait graduel, qui doit aboutir fin 2011 au départ du dernier soldat américain. L'effectif de l'armée américaine est désormais de 49.700, soit moins du tiers de ce qu'il était en 2007. Il devrait se maintenir à ce niveau jusqu'à l'été 2011. La mission ne sera plus de combattre mais de se consacrer à la formation des forces irakiennes.

Selon Brian Fishman, de la Fondation New America de Washington: "Ce retrait (américain) va certes laisser un plus grand espace pour les groupes armés mais le vrai problème, c'est l'impasse politique. Plus elle durera, plus des gens soutiendront ouvertement ou discrètement la violence comme moyen d'ébranler le système".

Michael O'Hanlon, spécialiste de l'Irak à la Brookings Institution à Washington, est lui aussi convaincu que l'avenir du pays ne dépend pas du nombre de soldats sur le terrain mais de la volonté politique. En effet, ni le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, ni l'ancien chef de gouvernement Iyad Allawi n'ont jusqu'a présent été capables de former une coalition majoritaire au Parlement.

"S'il n'y a pas rapidement de coalition gouvernementale, beaucoup de cicatrices liées au confessionnalisme (entre Chiites et sunnites) risquent de se rouvrir", assure-t-il.

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