Législatives en Afrique du Sud : l'ANC largement en tête

(Rogan Ward Reuters)

Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir depuis la chute de l'apartheid est très largement en tête des élections législatives organisées mercredi en Afrique du Sud. Ce sont les premières élections depuis la mort de Nelson Mandela. Les résultats sont encore partiels. 

Après dépouillement dans
85% des circonscriptions électorales, le parti du président Jacob Zuma est
crédité de 63% des voix, tandis que l'Alliance démocratique (AD), son principal
adversaire, émerge à 21,9%, un score en progression par rapport au scrutin de
2009 où elle avait recueilli 16,7% des voix.

Les Combattants de la liberté
économique (EEF), formation créée par l'ex-chef des jeunesses de l'ANC Julius
Malema, qui prend modèle – jusqu'à porter un béret rouge – sur le Vénézuélien Hugo Chavez,
est en troisième place avec 5,4% des suffrages à ce stade du dépouillement.

Premier scrutin pour les "Born Free"

Les élections législatives
de mercredi
étaient le premier scrutin auquel étaient appelés à participer les
"Born Free", ces jeunes Sud-Africains nés après la fin de
l'apartheid, en 1994, et dont l'attachement avec l'historique ANC pourrait être
moins fort que celui de leurs aînés.

Mais l'ANC est en passe de
faire à peu près le même score qu'il y a cinq ans (65,9%), confirmant sa
capacité à rebondir. Il y a un an à peine, nombre d'observateurs pensaient pourtant
que le parti connaîtrait cette fois des difficultés, son glorieux passé
s'éloignant et les électeurs pensant davantage aux difficultés économique et à
la série de scandales qui ont terni le premier mandat de Zuma, touchant
jusqu'au président lui-même.

Symbole d'un certain
désenchantement, l'ancien archevêque Desmond Tutu, une des grandes
figures de la lutte contre l'apartheid, a même annoncé le mois dernier que,
pour la première fois, il ne voterait pas pour l'ANC.

Face à la montée du
mécontentement de la population noire, le socle de son électorat, l'ANC a
promis durant la campagne de mettre l'accent sur l'amélioration de l'éducation
et des services de santé, le développement des zones rurales, les réformes
agraires, la lutte contre la criminalité, les créations d'emplois et la lutte
contre les inégalités.