Le procès de Jean-Pierre Bemba s'est ouvert lundi devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye

L\'ex-vice-président de RDC Jean-Pierre Bemba, à la CPI de La Haye
L'ex-vice-président de RDC Jean-Pierre Bemba, à la CPI de La Haye (AFP / Ed Oudenaarden)

L'ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) est accusé de crimes de guerre, principalement pour les viols commis par ses troupes en Centrafrique. Il plaide non coupable.Le procès de Jean-Pierre Bemba devrait durer plusieurs mois.

L'ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) est accusé de crimes de guerre, principalement pour les viols commis par ses troupes en Centrafrique. Il plaide non coupable.

Le procès de Jean-Pierre Bemba devrait durer plusieurs mois.

L'opposant congolais, candidat malheureux à la présidentielle de 2006 en RDC, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, à savoir des viols, pillages et meurtres, commis en 2002 et 2003 en Centrafrique par sa milice du Mouvement de libération du Congo.

1500 hommes du MLC ont franchi en octobre 2002 le fleuve Oubangui, frontière entre la RDC et la Centrafrique, pour aider le président centrafricain Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par François Bozizé.

Selon l'accusation, ces hommes ont pendant cinq mois violé, pillé et tué ceux qui leur opposaient une résistance.

400 viols ont été recensés par l'accusation à Bangui. La CPI a autorisé la participation à la procédure contre Jean-Pierre Bemba de 135 victimes et doit encore examiner les demandes déposées par 1.200 personnes environ.

La défense de l'ancien vice-président de RDC affirme que les troupes du MLC ont combattu "avec l'uniforme et sous le drapeau centrafricain". "Ce sont les autorités centrafricaines qui avaient en charge le commandement effectif et la discipline", a affirmé à l'AFP l'un des avocats de Jean-Pierre Bemba, Aimé Kilolo.

"Ce procès a une valeur d'exemple: il faut que les chefs militaires qui laissent leurs hommes violer, sachent qu'ils peuvent être poursuivis", souligne un membre du bureau du procureur de la CPI, interrogé par l'AFP.

Bemba, ex-rebelle et homme d'affaires
Né le 4 novembre 1962 à Bogada, dans la région forestière de l'Equateur, près de la Centrafrique, Jean-Pierre Bemba est le fils d'un riche homme d'affaires, proche de l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko. Jean-Pierre Bemba dirige les entreprises familiales et se lance à son compte dans la téléphonie mobile, le fret aérien, et crée deux chaînes de télévision.

Il quitte soudainement Kinshasa en 1997 après l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel président, et dirige pendant la guerre de 1998-2003 le MLC, rébellion soutenue par l'Ouganda contre le régime de Kabila père, qui règne dans la région de l'Equateur.

A la fin de la guerre, Jean-Pierre Bemba, réputé autoritaire et audacieux, obtient un des quatre postes de vice-président au côté de Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001 à la mort de son père.

Candidat à la présidentielle de 2006, Bemba est l'adversaire le plus sérieux de Kabila fils.

Jean-Pierre Bemba remporte 70% des suffrages à Kinshasa mais n'obtient que 42% sur l'ensemble du pays, après une campagne émaillée de violences. Elu sénateur, il refuse de voir ses soldats regagner les rangs de l'armée nationale, estimant que sa sécurité n'est pas garantie.

Des combats ont éclaté en mars 2007 en plein coeur de Kinshasa, faisant au moins 300 morts selon l'ONU. Le gouvernement a accusé Bemba d'entretenir une milice et le parquet général a ouvert une information judiciaire contre lui.

Il prend alors le chemin de l'exil, vivant entre le Portugal et la Belgique, avant son arrestation à Bruxelles en mai 2008, en vertu d'un mandat de la CPI.