Le président sortant a été réélu dans un climat de tension extrême alors que son rival a été encerclé dans son hôtel

L'ex général Sarath Fonseka, rival du chef de l'Etat à la présidentielle de mardi, se trouvait mercredi dans un hôtel. Un porte-parole militaire justifie le siège en invoquant la présence de déserteurs de l'armée parmi les 400 personnes présentes dans l'hôtel.Selon la commission électorale, M.Rajapakse a obtenu 57,9% des voix.

L'ex général Sarath Fonseka, rival du chef de l'Etat à la présidentielle de mardi, se trouvait mercredi dans un hôtel. Un porte-parole militaire justifie le siège en invoquant la présence de déserteurs de l'armée parmi les 400 personnes présentes dans l'hôtel.

Selon la commission électorale, M.Rajapakse a obtenu 57,9% des voix.

"C'est une victoire pour le peuple", a déclaré M. Rajapakse après l'annonce formelle de sa victoire. "Je remercie ceux qui ont voté pour moi et ceux qui ne l'ont pas fait. Je travaillerai pour tous", a-t-il ajouté.

Son principal adversaire politique, Sarath Fonseka, ancien chef d'état-major, a rejetté ce résultat. Il a précisé qu'il irait devant la justice pour contester ce résultat.

Mahinda Rajapakse, nationaliste acharné issu de la majorité cinghalaise, avait convoqué la présidentielle deux ans avant le terme de son mandat pour profiter de la vague de soutien qu'il avait reçue après la victoire contre la rébellion séparatiste tamoule.

Il a trouvé sur sa route l'ex-général Fonseka, considéré lui aussi comme l'artisan de la victoire. Après avoir démissionné de l'armée à l'automne, il a accusé M. Rajapakse de l'avoir soupçonné d'un coup d'Etat.

La campagne vire au règlement de comptes

Le Sri Lanka a proclamé en mai 2009 sa victoire contre les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE), considérés comme un groupe terroriste par le Sri Lanka et les pays occidentaux, après un conflit de près de 40 ans qui a fait 80.000 à 100.000 morts.

Ce premier scrutin d'après-guerre s'est déroulé dans un climat tendu après une campagne émaillée de violences. La commission électorale a recensé au moins quatre morts et un millier d'incidents. Le porte-parole de l'opposition Rauf Hakeem a affirmé de son côté qu'il y avait eu de nombreuses violations du droit électoral.

La tension est encore montée d'un cran lorsque des troupes armées, constituées d'environ 80 soldats, ont encerclé l'hôtel de luxe où se trouve l'ex-général Fonseka, dans le centre de Colombo.

Sarath Fonseka a, lui, déclaré à des journalistes que le gouvernement avait l'intention de le tuer en lui retirant son personnel de sécurité. "Ils se comportent comme des meurtriers", a-t-il lancé.

Selon son porte-parole, Mano Ganeshan, l'ex-général a demandé la protection d'un "pays voisin" pour assurer sa sécurité.

Pour sa part, le gouvernement a accusé Fonseka d'employer une milice privée constituée de déserteurs, une allégation démentie par l'opposition.

Le Sri Lanka fait face à d'énormes défis de reconstruction et est soumis à la pression internationale pour accepter une enquête sur des allégations de crimes de guerre lors du conflit contre les tamouls.