Le "non" des Pays-Bas, nouveau coup dur pour l'Union européenne

(Partisans du "non" à Amsterdam, le 3 avril dernier. © Cris Toala Olivares/Reuters)

Les Pays-Bas se sont prononcés par référendum à plus de 60% contre le traité d'association entre l'UE et l'Ukraine. Ce "non" ouvre une crise politique, juridique et diplomatique en Europe.

Les électeurs des Pays-Bas ont voté mercredi par référendum sur l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne. Le premier sondage, recueilli auprès de plus de 20 000 électeurs à la sortie des bureaux de vote, donne une très large majorité de 64% aux partisans du rejet de l'accord d'association de l'Union européenne avec l'Ukraine. Une incertitude demeure, car, pour être valide, le référendum doit atteindre les 30% de participation. Or, le même sondage établit la participation à 29%, sachant que cette donnée peut varier de 3 points à la hausse comme à la baisse, et que la marge d'erreur est de 5%.

Sans attendre, le président du Conseil européen Donald Tusk a "pris note" ce jeudi du non néerlandais. Il s'entretiendra avec Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais pour savoir "quelles conclusions lui et son gouvernement vont tirer du référendum. Donald Tusk toutefois a souligné que l'accord, ratifié par les 27 autres Etats membres, allait "provisoirement continuer à être appliqué".

Un compromis délicat à trouver

Si le scrutin de ce jour devait être déclaré recevable – en dépit de son caractère consultatif –, il contraindrait le parlement néerlandais à débattre à nouveau sur la ratification de cet accord d'association, et plongerait dans un abîme de difficultés le gouvernement néerlandais. D'autant que les Pays-Bas assurent actuellement la présidence semestrielle tournante du Conseil de l'Union européenne.

Le gouvernement de Mark Tutte doit donc trouver un compromis extrêmement délicat. La situation achèvera à coup sûr de décrédibiliser l'actuelle présidence de l'UE, exercée justement par les Pays-Bas. Les conséquences de ce vote, c'est d'abord de plonger l'Europe dans une crise politique, juridique et diplomatique supplémentaire – qui a de quoi réjouir Vladimir Poutine. Mais ces conséquences sont évidemment pain béni, à la fois pour les partisans du Brexit au Royaume-Uni et pour les régimes ouvertement europhobes en Hongrie et en Pologne. Sans oublier tout ce que les pays de l'UE comptent de formations politiques eurosceptiques, actuellement en pleine expansion.

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