Le laïque Iyad Allawi a affirmé vendredi qu'il allait travailler "avec toutes les parties" pour former le gouvernement

Iyad al-Allawi et des membres de sa coalition, arrivée en tête des élections irakiennes (27 mars 2010)
Iyad al-Allawi et des membres de sa coalition, arrivée en tête des élections irakiennes (27 mars 2010) (F3)

Le Bloc irakien de l'ex-Premier ministre Allawi obtient 91 sièges au Parlement, contre 89 à l'Alliance pour l'Etat de droit (AED) du chef du gouvernement Nouri Al Maliki, selon des résultats officiels.Ce dernier refuse de reconnaître sa défaite. L'envoyé spécial de l'ONU parle d'"élections crédiibles".

Le Bloc irakien de l'ex-Premier ministre Allawi obtient 91 sièges au Parlement, contre 89 à l'Alliance pour l'Etat de droit (AED) du chef du gouvernement Nouri Al Maliki, selon des résultats officiels.

Ce dernier refuse de reconnaître sa défaite. L'envoyé spécial de l'ONU parle d'"élections crédiibles".

Washington a qualifié ces résultats d'"étape démocratique importante"

L'Alliance nationale irakienne (ANI), bloc chiite proche de l'Iran, arrive en 3e position avec 70 sièges, alors que l'Alliance Kurdistania des deux grands partis kurdes obtient 43 sièges. L'Assemblée, qui compte 325 députés, sera complétée par des élus des diverses minorités.

Le résultat est si serré qu'il promet des semaines, voire des mois de tractations pour la formation d'un gouvernement dans un pays qui s'efforce de consolider les progrès réalisés depuis deux ans sur le plan de la sécurité et de reconstruire son économie frappée par la guerre et les sanctions.

Allawi: discuter "avec toutes les parties"
L'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Ad Melkert, a salué des élections "crédibles" et qualifié le scrutin du 7 mars de "succès" pour le pays, appelant les différents partis à en "accepter les résultats".

Iyad Allawi qui fut Premier ministre du gouvernement par intérim entre juin 2004 et avril 2005, s'est engagé à discuter "avec toutes les parties qu'elles aient gagné ou non, pour former le prochain gouvernement". La liste "Iraqia ouvrira son coeur à toutes les forces politiques et à tous ceux qui veulent bâtir l'Irak. Nous enterrerons ensemble le communautarisme politique", a-t-il affirmé à la télévision satellitaire Al-Arabiya.

"L'Irak est prêt à tendre la main de la fraternité à tous ses voisins, le Koweït, l'Arabie Saoudite, la Turquie, la Jordanie, la Syrie et l'Iran sur la base de la poursuite des relations positives et de non-ingérence dans les affaires intérieures", a-t-il encore déclaré.

Immédiatement après l'annonce de sa victoire, ses partisans, réunis au siège de la liste dans le centre de Bagdad ont manifesté leur joie et quelques feux d'artifice ont illuminé le ciel de la capitale. Ils ont crié le nom de l'ex-chef de gouvernement dans la rue, d'autres brandissaient des drapeaux irakiens ou chantaient et dansaient au son de tambours.

Climat tendu
Un double attentat à la bombe est toutefois venu rappeler que la situation restait fragile. Au moins 42 personnes ont été tuées et 65 blessées près de Baqouba, au nord de Bagdad, selon les forces de sécurité de la province de Diyala.

Un climat de tension s'est installé dans le pays, où les partisans de Nouri Al Maliki ont multiplié les manifestations pour demander un nouveau décompte manuel, usant même de menaces voilées sur l'organisation d'actions futures. Le Premier ministre lui-même a agité l'épouvantail des violences et défendu l'idée d'un nouveau décompte pour "empêcher une dégradation de la sécurité et un retour à la violence".

La commission électorale a rejeté cette demande, jugeant les accusations de fraudes non fondées. Elle a toutefois indiqué que de nouveaux décomptes dans certains centres de vote pouvaient être réalisés en cas de dépôt de plaintes par les partis politiques.

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