Le chef du Hamas appelle à libérer "toute la Palestine"

(Reuters)

Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, qui commémorait ce samedi les 25 ans au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, a annoncé qu'il ne reconnaitrait jamais l'État d'Israël. Près de 100.000 Palestiniens étaient rassemblés samedi sur la place de la Katiba, dans la ville de Gaza, pour assister dans l'après-midi aux célébrations du 25ème anniversaire de la création du Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne.

Ses propres 45 ans d'exil ne semblent pas l'avoir découragé. Khaled Mechaal, le chef du Hamas, qui n'était plus revenu sur le territoire palestinien depuis 1967, s'est fendu d'un discours offensif ce samedi.

S'adressant aux 100 000 palestiniens réunis pour fêter les 25 ans au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza et pour saluer son retour, iI en a profité pour exclure toute renonciation à la revendication de
l'ensemble de la Palestine mandataire ainsi que toute reconnaissance
d'Israël.

"La Palestine de la mer au fleuve, du nord
au sud, est notre terre et notre nation, dont on ne peut céder ni un
pouce ni une partie. Nous ne pouvons pas reconnaître de légitimité à
l'occupation de la Palestine ni à Israël." (Khaled Mechaal)

Il a aussi appelé à l'unite nationale palestinienne:

"Nous
sommes une seule Autorité et notre référence est l'Organisation de
libération de la Palestine (OLP), dont nous voulons l'unité."

Une
référence à l'organisation dirigée aujourd'hui par Mahmoud
Abbas au nom de laquelle Yasser Arafat avait signé les accords d'Oslo en
1993 avec Israël et qui prévoyait une autonomie palestinienne à la fois
sur les territoires de la Cisjordanie et ceux de la bande de Gaza.

Deux
zones aujourd'hui en désaccord puisque la Cisjordanie, dirigée par le
Fatah de Mahmoud Abbas, ne reconnait pas l'autorité du Hamas sur la
bande de Gaza. L'organisation de Khaled Mechaal y a remporté les
élections législatives de 2006.

100 000 manifestants dans Gaza

Ils étaient au moins 100.000 manifestants massés sur la place de la
Katiba, dans la ville de Gaza
pour assister au 25e anniversaire du Hamas, au pouvoir dans
l'enclave palestinienne.

Le Hamas, qui est considéré comme
une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'UE, célèbre
cette
année avec quelques jours d'avance son 25e anniversaire, pour
coïncider avec celui de la première Intifada palestinienne, qui avait
éclaté le
8 décembre 1987 dans la bande de Gaza.

Parmi les manifestants,
beaucoup de familles et d'enfants, portant des drapeaux verts, couleur
symbole
de l'Islam et du Hamas, constate Grégory Philipps, correspondant de
France Info
dans la bande de Gaza.

Sécurité déployée

Les forces de sécurité
du gouvernement du Hamas ont été placées "en état d'alerte pour
assurer la
sécurité des festivités
", a déclaré le porte-parole du ministère de
l'Intérieur, Islam Chahwane.

Des centaines de
policiers ainsi que des dizaines de membres armés et masqués des
Brigades
Ezzedine al-Qassam, l'aile militaire du Hamas, entouraient la place.

Un anniversaire deux
semaines après la fin de l'opération israélienne "Pilier de Défense "


De part et d'autre de la
tribune officielle étaient disposés les portraits géants du fondateur du
Hamas,
cheikh Ahmad Yassine, assassiné par l'armée israélienne en 2004 et du chef
militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, tué par la première frappe de
l'opération
israélienne "Pilier de défense" du 14 au 21 novembre
.

Au milieu de l'estrade,
devant une maquette de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, était
posée
une réplique de roquette M75 du Hamas, utilisée pendant les
affrontements, avec
l'inscription "Made in Palestine ".

Les hostilités ont coûté
la vie à 174 Palestiniens, dont plus d'une centaine de civils, ainsi
qu'à six
Israéliens, quatre civils et deux militaires, selon les bilans des deux
camps.