La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie en visite à Gaza a été chahutée vendredi

La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie conspuée à Gaza le 21 janvier 2011
La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie conspuée à Gaza le 21 janvier 2011 (AFP/MAHMUD HAMS)

Des Palestiniens lui reprochaient des propos attribués par erreur à la ministre sur la détention de Gilad Shalit, le soldat franco-israélien enlevé en 2006 par trois groupes armés palestiniens.Un manifestant a imputé à la ministre les propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, qualifiant de "crime de guerre" cette détention.

Des Palestiniens lui reprochaient des propos attribués par erreur à la ministre sur la détention de Gilad Shalit, le soldat franco-israélien enlevé en 2006 par trois groupes armés palestiniens.

Un manifestant a imputé à la ministre les propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, qualifiant de "crime de guerre" cette détention.

Michèle Alliot-Marie a été poursuivie jusqu'à l'entrée de l'hôpital Al-Quds à Gaza par les manifestants, maintenus à l'extérieur par le service d'ordre, mais qui ont provoqué une cohue, à l'entrée et à la sortie de l'établissement, au milieu de laquelle la chef de la diplomatie française est restée souriante et imperturbable.

Sa visite sur le futur site du nouveau Centre culturel français à Gaza a en revanche été annulée pour ces motifs.

Auparavant, les mêmes protestataires l'avaient attendue au poste de sécurité du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, où ils ont jeté des chaussures vers son véhicule, sur lequel l'un d'entre eux est monté, juste après son entrée dans le territoire palestinien, a constaté un photographe de l'AFP.

"Il y a Gilad Shalit mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens" (dans les prisons israéliennes), pouvait-on lire sur l'une des banderoles brandies par les manifestants. Sur une vaste pancarte une photo de Mme Alliot-Marie était barrée d'un trait rouge avec l'inscription "Get out of Gaza (Sors de Gaza).

Deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4x4 des Nations unies transportant la délégation avant d'être récupérés par leur famille. "Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse mais d'autres avaient souvent d'autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n'était pas très grave", a déclaré la ministre après la première manifestation.

Lors de sa rencontre avec Noam Shalit, le père de Gilad Shalit, la ministre française s'était engagée à intervenir auprès de l'Union européenne et "de faire passer le message pour que le prisonnier reçoive des visites de la Croix-Rouge".

Israël et le Hamas se rejettent la responsabilité de l'échec des négociations menées via l'Egypte et un médiateur allemand sur l'échange du soldat contre un millier de détenus palestiniens.

Colonisation : Paris pourrait voter une résolution

La France est prête à voter un projet de résolution arabe à l'Onu sur la colonisation israélienne.

C'est ce qu'avait déclaré jeudi à Tel Aviv la ministre française des Affaires étrangères, y mettant une condition: que le texte soit modéré et "n'empêche pas la reprise des négociations" de paix.

Michèle Alliot-Marie effectue sa première tournée au Proche-Orient. Après Israël, Gaza, doit se rendre en Egypte et en Jordanie.

Un projet de résolution devrait être mis au vote après une réunion en Allemagne le 5 février du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU), selon des responsables palestiniens. Selon ces mêmes sources, la Russie a fait savoir qu'elle voterait le texte. En revanche, les Etats-Unis ont dit leur hostilité à une telle initiative.

"Notre position est d'être opposés aux colonisations, c'est une chose qui est certaine. Il faut regarder comment est rédigé ce projet de résolution. Si les termes sont modérés et surtout s'ils ne ferment pas la porte à une possible reprise des négociations, il est possible que nous la votions", a ajouté la ministre française.

Evoquant le processus de paix lors d'un discours à l'ambassade de France en Israël, elle a estimé qu'"il ne peut y avoir de paix sans une frontière négociée sur la base de la ligne de 1967 et des échanges de territoires qui permettront deux Etats viables".

"Il faut aller vers la paix, c'est dans l'intérêt de tout le monde et de la sécurité d'Israël", a déclaré Michèle Alliot-Marie.

Elle a demandé, par ailleurs, que l'allègement du blocus israélien contre la bande de Gaza soit appliqué "complètement" et que les Palestiniens du petit territoire soient autorisés à exporter davantage de produits.

La ministre française a été reçue par les Premiers ministres palestiniens, Salam Fayyad, et israélien Benjamin Netanyahu, par son homologue israélien Avigdor Lieberman et par le ministre de la Défense israélien Ehud Barak.

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