La France envisage le retrait de ses forces en Afghanistan après la mort de quatre soldats français

(Philippe Wojazer Reuters)

La France a suspendu jusqu'à nouvel ordre "toutes les opérations de formation et d'aide au combat de l'armée française" en Afghanistan, après la mort de quatre soldats français, tués par le tir d'un soldat afghan dans l'est du pays.Le président Nicolas Sarkozy envisage d'anticiper le retrait de l'armée française. Une hypothèse à laquelle ne croit pas la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Après la mort des quatre militaires français aujourd'hui dans l'Est de l'Afghanistan, Paris a décidé d'interrompre "toutes les opérations de
formation et d'aide au combat de l'armée française
" en Afghanistan, a
annoncé Nicolas Sarkozy. "L'armée française n'est pas en Afghanistan
pour que les soldats afghans lui tirent dessus
", a-t-il martelé lors des
voeux du corps diplomatique.

Pour le président français : "si les conditions de sécurité ne
sont pas clairement établies, alors se posera la question d'un retour
anticipé de l'armée française en France
", a averti Nicolas Sarkozy.

Cette question sera évoquée avec le président afghan Hamid Karzaï lors
de sa visite en France, prévue le 27 janvier.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré n'avoir
"aucune raison de penser" que la France allait accélérer le retrait de ses soldats d'Afghanistan.

De son côté, le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François
Hollande, a réitéré sa volonté de retirer les forces françaises
d'Afghanistan.

Selon le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, outre les quatre français tués aujourd'hui, une quinzaine de soldats français ont aussi été blessés, dont huit sont dans un état grave.
L'attaque a eu lieu sur la base militaire de Gwan, dans la province de Kapisa, partagée entre les forces afghanes et le contingent français, a-t-il ajouté, jugeant "incompréhensible et inacceptable que des soldats de l'armée nationale afghane assassinent des soldats français ".
Selon le ministre de la Défense Gérard Longuet, les soldats français "n'étaient pas armés " au moment de l'attaque.

Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées, a précisé que la fusillade a eu lieu peu après la fin d'un entraînement physique intensif des militaires français et que le soldat afghan a ouvert le feu avec une arme automatique.
Le tireur a été arrêté et est interrogé, selon le porte-parole du ministère afghan de la défense, le général Mohammad Zahir Azimi.
Un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a loué l'assaillant afghan mais n'a pas revendiqué d'infiltration ou fourni d'autres détails.

Ces nouveaux décès portent à 82 le nombre de soldats français morts en Afghanistan depuis le début de l'intervention fin 2001.