La France condamne les violences survenues dimanche "à la frontière israélo-libanaise, dans le Golan et à Gaza"

Un Palestinien brandit la clef (symbolique) de la maison perdue lors de la création d\'Israël (sud de Gaza, 15/05/2011)
Un Palestinien brandit la clef (symbolique) de la maison perdue lors de la création d'Israël (sud de Gaza, 15/05/2011) (AFP/SAID KHATIB)

Au moins 10 personnes ont été tuées au Liban et 2 sur le Golan (occupé) et des centaines de blessés dimanche lors de la "Nakba", journée qui commémore l'exode des Palestiniens lors de la création de l'Etat d'Israël.L'armée israélienne a annoncé la prolongation de 24 heures du bouclage de la Cisjordanie occupée jusqu'à lundi minuit (22h00 à Paris).

Au moins 10 personnes ont été tuées au Liban et 2 sur le Golan (occupé) et des centaines de blessés dimanche lors de la "Nakba", journée qui commémore l'exode des Palestiniens lors de la création de l'Etat d'Israël.

L'armée israélienne a annoncé la prolongation de 24 heures du bouclage de la Cisjordanie occupée jusqu'à lundi minuit (22h00 à Paris).

"La France condamne ces incidents qui ont fait plusieurs morts et de très nombreux blessés" et se dit "profondément préoccupée par ces incidents (...) à la frontière israélo-libanaise, dans le Golan et à Gaza", a déclaré lundi Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.

"Toute la lumière doit être faite sur ces graves incidents, en liaison avec les forces des Nations unies", la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement sur le plateau du Golan (Fnuod), a-t-il ajouté.

Paris "appelle toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter les provocations" et souligne l'obligation de respecter les résolutions des Nations unies, ainsi que la Ligne bleue -définie par l'ONU entre Israël et le Liban après le retrait israélien du Liban en mai 2000- et les zones de séparation entre Israël et la Syrie.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, devrait se rendre au Proche-Orient "à brève échéance", a précisé M. Valero.

Par ailleurs, la France "accueille favorablement" la décision israélienne, annoncée lundi, de reprendre le versement des taxes qu'Israël perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne, indique le ministère.

Israël a autorisé la reprise de ces transferts de fonds palestiniens gelés après l'accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, après avoir constaté que la coopération sécuritaire entre Israël et l'Autorité palestinienne n'avait pas été affectée par l'accord.

Le bilan de la journée est le plus lourd enregistré lors des manifestations de la "Nakba" (catastrophe), selon l'appellation dans le monde arabe de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et de l'exode des Palestiniens qui s'en est suivi, depuis 1998. Il s'agit d'un des incidents frontaliers les plus graves entre les deux pays depuis la guerre israélo-arabe de 1973.

La "Nakba " s'est traduite par l'exode de quelque 760.000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre de 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniens.

De nombreux incidents depuis vendredi
La police jordanienne a annoncé lundi que 25 personnes dont 11 policiers avaient été blessés, lors d'une intervention dimanche pour empêcher des manifestants de se rendre à la frontière avec Israël pour commémorer la "Nakba". La police a empêché dimanche 500 manifestants de se rendre à la frontière avec Israël. Les manifestants, dont quelque 200 étudiants, ont été interceptés à quelques kilomètres du passage du Pont Allenby, sur le Jourdain qui marque la frontière avec Israël, à moins d'une heure de route d'Amman.

La journée de dimanche a été marquée par des violences qui ont fait au moins 12 morts et des centaines de blessés, la plupart à la périphérie des territoires palestiniens, au Liban et dans le Golan syrien occupé. Dix personnes ont été tuées dimanche par des tirs israéliens à la frontière entre le Liban et l'Etat hébreu au moment où des réfugiés palestiniens manifestaient du côté libanais, a affirmé un porte-parole de l'armée libanaise. D'autres Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie occupée.

La commémoration annuelle de la "Nakba" a été marquée par de nombreux incidents depuis vendredi à Jérusalem-Est annexée, en Cisjordanie occupée mais aussi à Gaza, sur le Golan et à la frontière libanaise.

Des milliers de manifestants s'étaient rassemblés à la limite de la partie occupée du Golan. Entre 100 et 200 d'entre eux ont ensuite pénétré en zone sous contrôle israélien, malgré des tirs de semonce puis en direction des jambes, selon les médias israéliens qui faisaient état de deux autres tués. La Nakba a aussi été endeuillée par la mort d'un Palestinien de 16 ans, tué par une balle à Jérusalem-Est.


Réactions
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti qu'Israël était déterminé à défendre "ses frontières et sa souveraineté": "J'ai donné ordre à l'armée d'agir avec le maximum de retenue mais aussi d'empêcher que nos frontières soient forcées". Damas a "fermement dénoncé les actes criminels d'Israël contre notre peuple dans le plateau du Golan, en Palestine et dans le sud du Liban", ajoutant: "Israël devra assumer la totale responsabilité de ses actes".

Le Liban a porté plainte contre Israël auprès de l'ONU, appelant le Conseil de sécurité à "prendre ses responsabilités et faire pression sur Israël pour qu'il cesse sa politique agressive et provocatrice à l'égard du Liban", selon l'agence de presse officielle Ani.

Le chef du Hezbollah chiite libanais a loué lundi "le courage" des manifestants qui ont affronté les tirs de soldats israéliens à la frontière du Liban, de Syrie et de Gaza pour commémorer la Nakba. "Nous devons louer le courage et la bravoure des manifestants qui ont fait face hier (dimanche), sans armes et la tête haute, à la tyrannie de l'Etat juif, aux frontières du Liban, de la Syrie et de la Palestine occupée", a dit son chef Hassan Nasrallah.

L'armée israélienne a qualifié dimanche d'"acte très grave" l'entrée dans la partie du Golan syrien occupé par Israël de manifestants venus de Syrie, l'imputant à Damas. "Le pouvoir en Syrie a organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l'opinion mondiale de ce qui se passe dans ses villes", a estimé l'armée israélienne. De son côté, Damas a dénoncé comme "criminels" les actes d'Israël au Golan et au Liban.

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