La contestation reprend à Téhéran

Dans les rues de Téhéran, fin juin 2009.
Dans les rues de Téhéran, fin juin 2009. (© France)

Malgré l'interdiction des autorités, des milliers d'Iraniens ont affiché leur hostilité au pouvoir, jeudi à Téhéran

Malgré l'interdiction des autorités, des milliers d'Iraniens ont affiché leur hostilité au pouvoir, jeudi à TéhéranMalgré l'interdiction des autorités, des milliers d'Iraniens ont affiché leur hostilité au pouvoir, jeudi à Téhéran

Ils commémoraient aussi le 10e anniversaire des émeutes étudiantes dans la capitale iranienne. La police a dispersé le cortège et arrêté des manifestants, selon des témoins.

C'était le premier rassemblement d'opposants depuis la confirmation le 29 juin de la réélection contestée de l'ultraconservateur Ahmadinejad, après la présidentielle du 12 juin.

Jeudi soir, les rues du quartier de l'université, en centre-ville, où s'étaient rassemblés plus tôt les manifestants, étaient calmes. Seule la police anti-émeute y était encore déployée, selon des témoins.

L'annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avait entraîné les plus grandes manifestations de l'histoire de la République islamique, et le pouvoir avait promis d'"écraser" toute nouvelle contestation.

Malgré l'avertissement, quelque 3.000 personnes s'étaient rassemblées en fin d'après-midi sur l'avenue Taleghani, proche de l'université, en lançant des slogans hostiles au pouvoir, selon des témoins. Les manifestants criaient: "Libérez les prisonniers politiques !" ou "Mort au dictateur !"

Des témoins ont par ailleurs fait état de l'arrestation de plusieurs manifestants ainsi que de l'intervention de la police anti-émeutes et des miliciens islamistes (bassidjis) pour prévenir tout nouveau rassemblement.

Ces derniers jours, des tracts avaient été distribués à Téhéran afin d'appeler les habitants à manifester pour commémorer l'anniversaire des émeutes du 9 juillet 1999, mais aussi pour protester contre la réélection de M.Ahmadinejad.

Chaque année, des groupes d'étudiants organisent des cérémonies pour l'anniversaire de ces émeutes, qui avaient commencé après une attaque par des hommes en civil et la police contre les dortoirs universitaires de Téhéran. Les affrontements avaient duré plusieurs jours, faisant officiellement un mort. Le pouvoir avait cette année pris les devants.

Au moins 20 personnes ont été tuées, des centaines blessées et des centaines d'autres arrêtées lors des manifestations qui ont suivi le scrutin, les partisans des candidats battus accusant le pouvoir de fraude. Selon le chef du groupe réformateur minoritaire au Parlement, Mohammad Reza Tabesh, cité le quotidien réformateur Sarmayeh, quelque 500 personnes sont toujours emprisonnées.

L'avocat iranien Mohammad-Ali Dadkhah, proche collaborateur du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, a été arrêté mercredi, selon ses proches interrogés jeudi par l'AFP.

Suite à la vague de protestations internationales à la répression du mouvement, le président Ahmadinejad, qui a obtenu officiellement 63% des voix au scrutin, a prévenu jeudi que les "ennemis" de l'Iran étaient "obligés" de traiter avec son gouvernement.