L'Iran a lancé mardi 14 missiles balistiques à courte et moyenne portée

Un missile balistique iranien lancé le 28 juin 2011 d\'un lieu non divulgué (photo de l\'agence officielle ISNA)
Un missile balistique iranien lancé le 28 juin 2011 d'un lieu non divulgué (photo de l'agence officielle ISNA) (AFP - ISNA - ROHOLAH VAHDATI)

Un lancement effectué lors d'un traditionnel exercice de "défense" destiné à montrer sa force.

Un lancement effectué lors d'un traditionnel exercice de "défense" destiné à montrer sa force.

Les gardiens de la Révolution, pilier de la République islamique, ont lancé un "Ghadr" de moyenne portée (1.800 à 2.000 km) et 13 autres modèles de courte portée, les "Zelzal"
(400 km), Shahab 1 et Shahab 2 (300 à 500 km), selon le commandant des forces aériennes de ce corps d'élite, le général Amir Ali Hajizadeh.

Le Ghadr, qui peut théoriquement atteindre Israël, ennemi juré de la République islamique, ainsi que les bases américaines au Moyen-Orient, est une version améliorée du missile à carburant liquide Shahab-3 iranien issu du No-dong nord-coréen, selon les experts occidentaux. Les Shahab 1 et 2 ainsi que le Zelzal sont des dérivés du vieux "Scud" soviétique.

Les autorités iraniennes ont présenté ces manoeuvres comme un "message de paix et d'amitié pour les pays de la région" et affirmé qu'elles ne menaçaient "aucun pays". Mais le général Hajizadeh a clairement désigné les destinataires de cette démonstration de force amplement relayée par la télévision. Les missiles iraniens "sont dirigés vers des cibles américaines dans la région et vers le régime sioniste", a-t-il affirmé à l'agence officielle IRNA. "Avec nos missiles de 2000 km de portée nous pouvons atteindre le régime sioniste qui n'est qu'à 1200 km de l'Iran ", a-t-il souligné.

Dans un autre signal aux Etats-Unis, le général Hajizadeh a déclaré que l'Iran avait montré à des experts russes des drones américains que Téhéran affirme avoir abattus au dessus du Golfe. Le Golfe où les Etats-unis disposent d'importantes forces basées notamment à Bahreïn. Les Iraniens disent aussi avoir montré aux Russes des modèles copiés à partir de ces drones.

Le commandant des forces aériennes des "gardiens" a en revanche affirmé que les missiles iraniens ne "menacent pas les pays européens". "Nous avons la technologie pour construire des missiles à plus longue portée [que 2000 km, NDLR] mais nous n'en n'avons pas besoin et nous ne cherchons pas à le faire", a-t-il affirmé.

Les programmes spatial et de missiles de l'IRAN inquiètent les Occidentaux. Lesquels redoutent que Téhéran ne développe une capacité balistique lui permettant de lancer d'éventuelles armes nucléaires. Cette menace a notamment été mise en avant pour justifier le projet de l'OTAN d'établir un bouclier antimissile en Europe. Israël et les Etats-Unis ont indiqué à plusieurs reprises ne pas exclure des frappes militaires contre la République islamique, soupçonnée, malgré ses démentis répétés, de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

La France s'est déclarée lundi "préoccupée" par les tirs de missiles balistiques prévus lors des manoeuvres en cours en Iran. Ce pays est sous le coup de six condamnations du Conseil de sécurité de l'ONU et de sévères sanctions internationales pour son programme nucléaire controversé.

Dans le cadre de leurs manoeuvres, les gardiens de la Révolution ont aussi dévoilé lundi pour la première fois un silo à missile sous-terrain d'où la télévision a montré le lancement d'un engin présenté comme un Shahab-3. L'Iran a enterré de tels silos un peu partout, "éparpillés dans les montagnes ou dans les déserts" de son immense territoire, a affirmé le porte-parole des manoeuvres.

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