L'élection présidentielle a été endeuillée par la mort de deux gendarmes et d'une responsable locale du parti SDF.

Dans un bureau de vote de Yaounde, dimanche 9 octobre.
Dans un bureau de vote de Yaounde, dimanche 9 octobre. (SEYLLOU / AFP)

La participation au scrutin a été très faible, et la journée de vote endeuillée par la mort de deux gendarmes en mission de sécurisation du scrutin, et d'une responsable locale du Social democratic front (SDF). Paul Biya, actuel président, brigue son sixième mandat et fait figure d'archi-favori. Les résultats seront annoncés d'ici 15 jours.

La participation au scrutin a été très faible, et la journée de vote endeuillée par la mort de deux gendarmes en mission de sécurisation du scrutin, et d'une responsable locale du Social democratic front (SDF). Paul Biya, actuel président, brigue son sixième mandat et fait figure d'archi-favori. Les résultats seront annoncés d'ici 15 jours.

Deux gendarmes camerounais "en mission commandée de sécurisation du processus électoral" ont été "tués par des individus armés non encore identifiés" à Bakassi, a annoncé le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Intérieur) Marafa Hamidou Yaya. Il s'agit d'une zone instable, théâtre de nombreux assauts et enlèvements. Les attaques, souvent attribuées par les autorités à des "pirates" et aux cibles variées - s'y sont multipliées depuis deux ans malgré la présence du Bataillon d'intervention rapide-Delta (BIR-Delta), unité d'élite de l'armée chargée de la sécurisation de la péninsule.

Depuis trois ans, les enlèvements par des pirates mais aussi des attaques contre les autorités sont monnaie courante.

Une responsable locale du parti camerounais Social democratic front (SDF, principal parti d'opposition) a été tuée dimanche soir "à la fin des opérations électorales" de l'élection présidentielle à Bandjoun (ouest Cameroun), a indiqué le SDF dans un communiqué à l'AFP.

Faible participation

Les Camerounais ne "sont pas intéressés (par l'élection) parce qu'ils ont l'impression que les autres candidats ne font pas le poids face à M. Biya", a affirmé le président d'un bureau de vote sous couvert d'anonymat.

A Douala, aucune file d'attente ne s'est formée dans la journée devant plusieurs bureaux de vote, où un électeur, Joseph Effeuze, s'est dit persuadé que les autorités "vont bourrer les urnes" et que "quelque part on va faire voter ceux qui ne sont pas venus". Dans la soirée, faute d'équipements adéquats, les scrutateurs ont démarré le dépouillement des bulletins de vote à la lumière de la bougie ou sans lumière dans un bureau de vote du lycée technique Madoumbe de Bonapriso à Douala.

La participation dans les 7 bureaux du lycée a été très faible comme en témoignent les chiffres relevés par l'AFP : 11 votants sur 163, 56 sur 203, 87 sur 300, 35 sur 141, 19 sur 106, 23 sur 121, 144 sur 316. Les tendances étaient les mêmes à Yaoundé dans les bureaux visités par l'AFP.

"Cacophonie"

"C'est la cacophonie totale : certains bureaux ont ouvert avec du retard (...) En plus, il y a des votes multiples par endroits", avait déclaré un des vice-présidents du SDF Joshua Osih. "On nous a signalé un bureau dans une commune du sud-ouest du pays où il n'y a que les bulletins de vote du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti du président Paul Biya)", avait-t-il dit. Le candidat Fru Ndi a voté dans son fief de Bamenda (nord-ouest anglophone), a ajouté M. Osih. "Nous avons été confrontés à plusieurs cas de vote multiple", a affirmé une observatrice à Yaoundé. Des problèmes similaires ont été signalés par des observateurs dans l'extrême-nord du pays, notamment à Kousseri.
Paul Biya, que ses adversaires accusent d'avoir verrouillé l'élection à son avantage, a voté à Yaoundé. "Nous sommes pour la transparence, pour des élections libres (...) J'attends de voir qui sera élu", a-t-il déclaré.

Cette présidentielle s'inscrit dans un contexte social difficile: un tiers des 20 millions de Camerounais n'a pas accès à l'eau potable et à l'électricité et une personne sur quatre vit avec moins de 1,1 euro par jour. La Cour suprême dispose désormais de 15 jours maximum pour publier les résultats du scrutin.