L'ambassadeur de France a vu Clotilde Reiss

Clotilde Reiss, 23 ans
Clotilde Reiss, 23 ans (© France 2)

L'ambassadeur de France en Iran a rencontré jeudi Clotilde Reiss, emprisonnée à Téhéran

L'ambassadeur de France en Iran a rencontré jeudi Clotilde Reiss, emprisonnée à TéhéranL'ambassadeur de France en Iran a rencontré jeudi Clotilde Reiss, emprisonnée à Téhéran

"Physiquement, elle allait bien", a déclaré un diplomate occidental interviewé par Reuters.

L'ambassadeur Bernard Poletti avait pu la joindre dans la journée de mercredi. La rencontre de jeudi est le premier contact "réel" d'un membre de la mission française en Iran avec Clotilde Reiss.

Nicolas Sarkozy a réclamé mercredi soir la libération "sur le champ" de Clothilde Reiss, 23 ans, qui a passé cinq mois en Iran comme lectrice à l'université d'Ispahan avant d'être arrêtée à l'aéroport de Téhéran.

Les accusations d'espionnage à son égard sont "hautement fantaisistes", avait dit mardi Nicolas Sarkozy.

Clothilde Reiss, 23 ans, a passé cinq mois en Iran comme lectrice à l'université d'Ispahan avant d'être arrêtée à l'aéroport de Téhéran.

Initiée à la culture iranienne dès son plus jeune âge par une nourrice de ce pays, elle a étudié le farsi et s'est rendue en Iran à plusieurs reprises. Son entourage la dépeint comme une étudiante sérieuse et prudente. Elle est inscrite à l'Institut d'études politiques de Lille.

Entretien téléphonique Kouchner-Mottaki

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a précisé qu'il avait contesté les accusations d'espionnage des autorités iraniennes lors d'un entretien téléphonique avec son homologue iranien Manouchehr Mottaki.

Ce dernier lui a demandé ce qu'elle faisait dans une manifestation contre Mahmoud Ahmadinejad où elle a pris des photos. "Mais elle n'était pas dans cette manifestation. Elle a pris des photos avec son portable comme des centaines de milliers de personnes", a affirmé Bernard Kouchner. "Et les messages qu'elle a fait parvenir à son entourage sont des messages de banalité et de gentillesse, c'est-à-dire 'Ne vous inquiétez pas pour moi etc'", a-t-il poursuivi. "C'est impossible que cette jeune fille de 23 ans puisse en quoi que ce soit agir contre l'Etat [iranien, NDLR] en voyant les manifestants devant elle", a-t-il martelé.

"Elle a assisté à des manifestations qui ont (...) rassemblé des centaines de milliers d'Iraniens et, comme la plupart d'entre eux, elle a pris des photos en toute innocence, voici ce qu'on lui reproche", a expliqué le ministre.

"Le chef d'inculpation d'espionnage avancé par les autorités iraniennes ne résiste pas à l'examen", a-t-il poursuivi. L'accusation portée contre elle "est l'envoi de photos prises par un téléphone portable... C'est absurde", a-t-il ajouté. "Nous souhaitons que toute la lumière soit faite, que cette jeune femme soit libérée. Il n'y a aucune raison que Clotilde soit retenue", a-t-il dit, avant de répéter: "Nous exigeons cette libération".

Envoi de photos des manifestations à un ami

"La France a informé ses partenaires européens à ce sujet et en appelle à la solidarité de tous les Européens", a indiqué Bernard Kouchner.

Depuis la présidentielle du 12 juin, l'Iran a durci le ton face aux pays occidentaux, accusés d'avoir soutenu la contestation interne contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

Le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui participait lundi au sommet franco-britannique à Evian, a lancé un avertissement à l'Iran. Il a déclaré que les Européens étaient prêts à prendre des mesures "ensemble", en réponse à des mesures prises contre l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran.

Gordon Brown avait annoncé le 23 juin l'expulsion de deux diplomates iraniens, après une décision de Téhéran d'expulser deux diplomates britanniques d'Iran. Neuf employés locaux de l'ambassade britannique avaient également été arrêtés le 28 juin. L'un d'entre eux est toujours en détention, selon Londres.