L'alimentation, le confort et le moral de 33 mineurs bloqués dans une mine du Chili s'améliore

Le ministre chilien des Mines, Laurence Golborne, sur le site - le 29/08/10
Le ministre chilien des Mines, Laurence Golborne, sur le site - le 29/08/10 (AFP Ariel Marinkovic)

Le percement du puits de secours a progressé de 30 mètres en deux jours, malgré une halte de quelques heures mercredi pour travaux de consolidation.Le percement qui a commencé lundi soir a été suspendu mercredi après-midi après détection d'une faille géologique sur laquelle les techniciens ont posé un revêtement de ciment.

Le percement du puits de secours a progressé de 30 mètres en deux jours, malgré une halte de quelques heures mercredi pour travaux de consolidation.

Le percement qui a commencé lundi soir a été suspendu mercredi après-midi après détection d'une faille géologique sur laquelle les techniciens ont posé un revêtement de ciment.

Les 33 mineurs, 32 Chiliens et un Bolivien, sont confinés à 700 m sous terre, soumis à de fortes chaleur et de l'humidité, après un éboulement dans la mine de cuivre et d'or à 800 km au nord de Santiago.

Rencontrer des failles géologiques en cours de forage est un scénario "prévisible", particulièrement dans les premiers 100 mètres, a assuré l'ingénieur coordinateur des travaux, Andres Sougarret. La zone située juste sous la surface "est la plus altérée" de la mine, a-t-il expliqué. "Ce sont des failles mineures qui ne posent pas de complications, parce que cela peut se gérer de manière appropriée", a-t-il précisé.

Mercredi, l'ordinaire des 33 mineurs prisonniers sous terre depuis 27 jours s'est amélioré. Après avoir été rassurée sur leur capacité digestion, l'équipe de secours en surface leur a transmis un premier repas chaud: boulettes de viande et riz, kiwi en dessert.

Les mineurs vont mieux. Une nouvelle vidéo diffusée mardi soir les a montrés transformés, changés avec des T-shirts neufs qu'on leur a fait parvenir, rasés de près pour certains, bruyants, riant et écoutant de la musique merengue dominicaine, avec un "bon moral", selon leurs familles. "Ils vont tous bien. Ils demandent juste qu'on les sorte vite", a commenté Cristian Zamora, frère du mineur Victor, après projection des images aux familles.

Le ministre de la Santé, Jaime Manalich, a réaffirmé que les 33 étaient au courant du délai de leur secours, entre trois et quatre mois. "On leur a dit qu'on parle des derniers jours de novembre ou des premières semaines de décembre, et qu'on veut tous qu'ils soient avec nous pour Noël. Et je crois que cela (la date) ne les a absolument pas surpris", a-t-il déclaré à la radio ADN.

Les "33" de San José ont déjà écrit l'histoire de la survie sous terre: le précédent record connu était de 25 jours, pour trois mineurs chinois dans une mine inondée de la province du Guizhou (sud-est).

La Nasa sur place
Des experts de la Nasa aidaient au suivi des 33 mercredi. Parmi eux deux médecins, un psychologue et un ingénieur, Clint Cragg, spécialiste en communication et lumière. "Avec l'aide de la Nasa, nous allons simuler la lumière du jour et de la nuit avec des lumières artificielles, et séparer en zones l'espace de vie", a déclaré M. Manalich.

La routine des 33 mineurs, divisés en trois groupes, actifs de 07H30 à 23H00, est à présent bien établie, entre repas, contrôle médical quotidien, prière, gymnastique, courrier, et bientôt formation: au chant, aux soins médicaux, ou aux techniques d'interview pour affronter la presse.

"On s'est mis d'accord sur un emploi du temps avec eux. Ils ont demandé un processus de formation. Mais en ce moment, ils font des exercices physiques", de relaxation d'abord, et bientôt de renforcement pour préparer leur sortie, a expliqué le Dr Alberto Iturra, chef de l'équipe de psychologues.

Les mineurs seront extraits un à un, via une nacelle rigide, du puits de secours de 702 m de long et 66 cm de diamètre, processus qui prendra deux heures pour chacun.

Les mineurs ont parlé dimanche à leur famille

Des mères ont parlé pour la première fois dimanche aux mineurs bloqués. Un membre de famille par mineur, une minute par famille, rien de plus. Bien court après 24 jours sans un mot échangé, dont 17 sans rien savoir de leur sort, vivants ou ensevelis. Mais une minute parfois suffisante pour se faire une idée du moral au détour d'un mot, d'un ton de voix.

"Il est calme", assure Jessica Chille après sa minute avec son époux Dario Segovia, 48 ans, dont la voix lui a "soulagé le coeur". "Cela me tranquillise de savoir qu'il va bien. Sa sérénité est totale."

"C'était une conversation courte, belle, comme celle dont on avait besoin pour se tranquilliser", a raconté de son côté Jessica Cortez, évoquant ses "émotions mêlées" après avoir parlé à Victor Zamora, 33 ans. Après les lettres des premiers jours, les mineurs avaient transmis jeudi à la surface une vidéo de 45 minutes, filmée avec une micro-caméra, et montrant leur organisation, leur espoir, leur humour même, dans leur piège sous la montagne. Malgré l'attente de trois à quatre mois qui se profile.

L'Etat va accroître le budget et le contrôle de la sécurité minière
Le ministre chilien des Mines, Laurence Golborne, a annoncé vendredi une révision de la sécurité dans l'industrie minière et une augmentation des budgets pour son contrôle. "On ne peut assurer que des accidents ne se produiront pas mais on peut faire prendre conscience aux chefs d'entreprises de l'importance de la sécurité des travailleurs", a déclaré le ministre Laurence Golborne à la presse.

Le Service national de Géologie et des Mines (Sernageomin), organe régulateur du secteur, doit voir son budget consacré à la sécurité passer de 24 à 56 millions de dollars, "ce qui permettra de passer de 18 à 45 techniciens chargés du contrôle à la fin 2011".

Une nouvelle "Superintendance des Mines" doit se charger spécifiquement de la sécurité et "d'autoriser les projets d'exploration et d'exploitation minière, de contrôler l'industrie et sanctionner les infractions, et de fournir des données statistiques", a ajouté Laurence Golborne. Le gouvernement va aussi créer un comité de 12 experts qui, sur les trois prochains mois, va revoir la législation existante en matière de sécurité, en vue de recommandations.

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