VIDEO - Le sumo, un sport misogyne ?

Son seul nom évoque souvent des hommes, forts, peu vêtus et prêts à tout pour renverser leurs adversaires. Même si elles peuvent le pratiquer, le sumo est un sport qui a du mal à s’ouvrir aux femmes. 

Le 4 avril dernier, un élu japonais s’effondre alors qu’il s’exprime sur un ring de sumo. Deux femmes essayent de lui porter secours mais il leur est demandé de descendre immédiatement de la zone de combat.

Deux jours plus tard, c’est au tour de la maire de la ville de Takarazuka de ne pas pouvoir s’exprimer sur un ring de sumo. La raison ? C’est une femme. "Le sumo n’est pas pour les gens ayant une religion particulière. C’est un sport national. Cependant, ils l’utilisent comme une religion discriminant les femmes.", déplore Tomoko Nagakawa. 

Les femmes considérées comme "impures"

Dans la tradition sumo shintoïste, les femmes sont considérées comme "impures". C’est pourquoi il leur est interdit d’accéder au "dohyo", cette piste en argile qui accueille les combats de sumo. 

Le 8 avril dernier, deux fillettes sont interdites de sumo à l’occasion d’une démonstration pour des raisons de "sécurité". Face à un tel manque d’ouverture, la maire de Takarazuka dit ne pas comprendre pourquoi le sumo refuse de changer et se retrouve même à "reculer". 

Changer les mentalités

Si la situation semble compliquée pour les femmes, certains Japonais refusent de donner raison à la tradition à l'image de l'entraîneur de sumo Toshiaki Hirahara. "Nous avons besoin de changer les choses et de montrer au monde que les femmes peuvent aussi prendre part et apprécier ce sport.", croit-il. 

Depuis 1997, les filles ont pourtant le droit de faire du sumo mais en amateur. Pour une étudiante comme Anna Fujita, la tâche la plus ardue a été de s’intégrer et de pouvoir pratiquer le sumo au sein d’un groupe d’hommes. Et même si elle reconnaît que le chemin est encore long, elle ne désespère pas : "C’est toujours difficile de supprimer les différences entre les sexes mais c’est la seule chose à faire, nous avons besoin de changer les mentalités au Japon.".

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