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Les pays chasseurs de baleine sabordent à nouveau la création d'un sanctuaire dans l'Atlantique sud

La queue d'une baleine franche australe, au large de l'Argentine, le 21 novembre 2017. (FRANCO BANFI / BIOSPHOTO / AFP)

Cette proposition est sur la table depuis près de 20 ans. 

Les pays chasseurs de baleines ont une nouvelle fois bloqué la création d'un sanctuaire dans l'Atlantique sud pour ces cétacés menacés d'extinction, mardi 11 septembre. De quoi renforcer les dissensions de la Commission baleinière internationale (CBI), réunie au Brésil. La proposition visait à créer un sanctuaire de 20 millions de kilomètres carrés dans l'Atlantique sud, qui abrite une cinquantaine d'espèces de cétacés. Deux sanctuaires existent actuellement, l'un dans l'océan Indien, l'autre dans l'océan Austral ou Antarctique, où chasse le Japon.

Japon, Russie et Islande contre le sanctuaire

Cette proposition, sur la table depuis près de 20 ans, était présentée par le Brésil, l'Argentine, le Gabon, l'Afrique du Sud et l'Uruguay. Pour être adoptée, elle devait obtenir 75% des votes des membres de la CBI, qui réunit 89 pays. Le texte a reçu le soutien de 39 membres, alors que 25 autres ont voté contre, Japon, Russie, Islande et Norvège en tête, et plusieurs se sont abstenus.

Le ministre brésilien de l'Environnement Edson Duarte, dont le pays propose la création de ce sanctuaire à chaque réunion de la CBI depuis 2001, s'est dit prêt à continuer à défendre ce projet. "En tant que ministre de l'Environnement d'un pays dont les forêts renferment 20% de la biodiversité mondiale, nous nous sentons particulièrement responsables de la gestion de notre richesse, pour le bien de la planète, et cela vaut pour les cétacés aussi", a-t-il déclaré sous les applaudissements d'une partie des délégués.

La délégation japonaise, de son côté, milite pour un changement de la règle de vote au sein de la CBI, seul organe de gestion des grands cétacés. Le Japon, accusé de se livrer tous les ans à la chasse commerciale sous couvert de recherche scientifique, voudrait passer à un vote à la majorité simple, alors que les trois quarts sont nécessaires actuellement. Cela faciliterait la tâche de ce pays qui entend mettre fin au moratoire sur la chasse aux cétacés dans un but commercial, datant de 1986.