La justice française ordonne le retour d'un garçon de 4 ans auprès de son père au Japon dès le lendemain de Noël

Capture d\'écran d\'un appel lancé pour aider Marine Verhoeven diffusé dans un sujet de France 3 Occitanie en juillet 2019.
Capture d'écran d'un appel lancé pour aider Marine Verhoeven diffusé dans un sujet de France 3 Occitanie en juillet 2019. (FRANCE 3 OCCITANIE)

La mère de Louis avait pourtant lancé, avec son comité de soutien du village de l'Aude où elle vit, un appel aux autorités françaises pour arrêter la procédure en cours.

"Sauf miracle très improbable, Louis quittera le village le lendemain de Noël à 11 heures récupéré par son père." Le retour à Tokyo (Japon) d'un petit garçon de 4 ans auprès de son père japonais, dès jeudi 26 décembre, est désormais inéluctable, selon Le Parisien, malgré l'appel de sa mère, Marine Verhoeven, aux autorités françaises pour stopper la procédure en cours.

"Nous supplions le procureur de la République de Montpellier" en charge du dossier "de reconsidérer la situation de l'enfant" pour lui permettre de rester en France, avait lancé, lors d'une conférence de presse, le 18 décembre, Magali Simmons, présidente du comité de soutien de Salles-d'Aude, un village situé entre Narbonne et Béziers, où vit la mère de Louis. Elle a aussi "supplié" le président Emmanuel Macron d'intervenir. Mais ni l'un ni l'autre n'ont réagi.

"Soustraction à l'autorité parentale"

Les parents de Louis, Marine Verhoeven et Susheido Kudo, se marient en juin 2008 à Toulouse, après leur rencontre à l'université du Mirail. Ils partent s'installer au Japon en septembre. Louis naît en juillet 2015, à Tokyo. Deux ans plus tard, Marine Verhoeven, formatrice en langues, rentre en France avec son fils pour des vacances. Mais en septembre 2017, elle décide de divorcer et de ne pas rentrer au domicile familial avec Louis. Or, selon l'avocate du père, Hansu Yalaz, cela équivaut à une "soustraction à l'autorité parentale", ce sur quoi la justice française s'est fondée. 

La bataille judiciaire entre le couple commence en octobre 2017, quand le père enclenche une procédure pour demander le retour de l'enfant au Japon. En février 2018, la juge familiale de Montpellier rend un avis favorable à sa demande. Marine Verhoeven fait appel, puis se pourvoit en cassation. Le jugement est annulé. En juillet 2019, la cour d'appel de Toulouse conclut au retour de l'enfant au Japon contre l'avis du parquet général qui requiert le maintien en France. France 3 Occitanie avait rencontré la mère de Louis à cette époque.

Quatre mois plus tard, la Cour de cassation rejette un pourvoi de Marine Verhoeven contre la décision de la cour d'appel de Toulouse ordonnant le retour de l'enfant au Japon en vertu de la Convention de la Haye. Le jugement doit donc être exécuté en décembre.

"Il veut me forcer à rentrer et renoncer au divorce"

Selon sa mère, Louis est instrumentalisé par son père, un galeriste de 40 ans. "Il veut me forcer à rentrer et renoncer au divorce", a-t-elle dit à l'AFP. Elle affirme avoir été victime de violences conjugales durant leur vie commune au Japon. "Ce sont des accusations mensongères. Je n'ai jamais été violent avec elle ou avec d'autres personnes", se défend Susheido Kudo dans Le Parisien, mardi 24 décembre.

Le père de Louis propose que sa femme, "puisque nous sommes toujours mariés", rappelle-t-il, vienne au Japon avec leur fils, "qu'elle vive avec lui dans notre appartement familial". "J'irai vivre chez mes parents qui habitent tout à côté dans le même quartier", suggère-t-il. Et d'ajouter : "Après seulement, nous prendrons ensemble la décision de divorcer si cela devait se révéler nécessaire." Pour l'avocate de Susheido Kudo, si la mère rentre au Japon et y engage une procédure de divorce, elle pourra y faire valoir ses droits et ceux de l'enfant.

Une députée "très pessimiste" pour Louis

Mais Marine Verhoeven et son comité de soutien arguent que la législation japonaise ne reconnaît pas d'autorité parentale conjointe. Et les règles du pays en matière de délivrance de visa vont, de fait, soumettre au bon vouloir du père le maintien du lien entre la mère et l'enfant. "Si mon fils part au Japon ce jeudi, cela signifie que je n'aurai plus aucun moyen de le voir avant qu'il ait 20 ans, sa majorité selon la loi japonaise", souffle dans Le Parisien, la maman de 29 ans.

Contrairement à ce que maintient son père, je n'ai pas la possibilité d'obtenir un visa pour vivre au Japon et il y a de très fortes chances que je me retrouve en garde à vue pour des mois comme c'est le cas actuellement d'un père de famille australien.Marine Verhoevenau Parisien

"Une fois que les enfants sont au Japon, on ne peut plus rien faire, abonde dans le quotidien Anne Genetet députée LREM de la 11e circonscription des étrangers. Je suis très pessimiste pour l'avenir du petit Louis."

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