Japon. Des papillons mutants découverts après Fukushima

Un papillon bleu de la famille des lycénidés, semblable à ceux qui ont souffert de mutations à cause de la radioactivité après la catastrophe de Fukushima (Japon).
Un papillon bleu de la famille des lycénidés, semblable à ceux qui ont souffert de mutations à cause de la radioactivité après la catastrophe de Fukushima (Japon). (BLANCHOT PHILIPPE / HEMIS.FR / AFP)

Ils ont souffert de mutations dues à la radioactivité qui s'est échappé de la centrale après la catastrophe de mars 2011, selon des chercheurs.

JAPON - Ils ont des ailes plus petites et une malformation des yeux. Des papillons des alentours de la centrale de Fukushima (Japon), ainsi que leurs deux générations suivantes, ont souffert de mutations à cause de la radioactivité, ont découvert des chercheurs japonais. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Scientific Reports (lien en anglais), un journal sur internet diffusé par l'éditeur du magazine Nature.

"Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale Fukushima Daiichi avaient endommagé les gènes des papillons", a souligné mardi 14 août Joji Otaki, professeur à l'Université Ryukyu d'Okinawa (sud), interrogé par l'Agence France-Presse. Il a précisé que l'effet observé n'était avéré à l'heure actuelle que sur les papillons et sur aucune autre espèce animale, ni sur l'homme.

Comment l'étude a-t-elle été menée ?

Les insectes ont été attrapés non loin de la centrale accidentée Fukushima Daiichi en mai 2011, soit deux mois après l'accident. Ils ont ensuite été élevés en laboratoires à des fins de reproduction.

Environ 12% des petits papillons bleus de la famille des lycénidés exposés à la radioactivité à l'état de larves lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011 ont développé des anomalies au niveau des ailes et des yeux, ont expliqué les chercheurs. Quelque 18% de la génération suivante a développé des problèmes similaires. La proportion a encore grimpé (à 34%) pour la troisième génération. Pourtant, les scientifiques avaient pris soin de choisir un papillon sain d'une autre région pour l'accoupler avec un papillon de Fukushima. 

Les scientifiques ont aussi réalisé une expérience test sur une population de papillons non affectés. Ils les ont exposés en laboratoire à de faibles doses de radioactivité et ont constaté la même proportion d'anomalies que chez la première génération de papillons de Fukushima. L'équipe du professeur Joji Otaki va maintenant mener de nouvelles expériences sur d'autres animaux.