Deux ans après Fukushima, le Japon sera sans nucléaire en septembre

Manifestants dans les rues de Tokyo en juin 2013 demandant l\'évacuation des enfants de la région de Fukushima.
Manifestants dans les rues de Tokyo en juin 2013 demandant l'évacuation des enfants de la région de Fukushima. (RIE ISHII / AFP)

Le Japon ne devrait plus avoir une seule centrale nucléaire en fonctionnement dès le 15 septembre prochain. Il ne s’agit pas d’une décision politique d’abandon du nucléaire, le gouvernement étant favorable à cette énergie, mais de la conséquence des pannes et des opérations de maintenance normales.

Le producteur d’électricité, Kansai Electric Power (Kepco), a prévenu l'autorité de régulation nucléaire qu'elle prévoyait d'arrêter le 15 septembre pour maintenance le réacteur 4 de  la centrale d'Ohi, l'un des deux seuls actuellement opérationnels. L'autre, le numéro 3, devrait pour sa part être stoppé auparavant, le 2 septembre, également pour maintenance régulière, obligatoire après 13 mois de fonctionnement en continu.
 
Les deux tranches actuellement actives à Ohi doivent subir une séance d'entretien et vont être coupées pour une durée technique d'au moins trois  mois, sans compter la période ensuite requise pour des examens de conformité aux nouvelles exigences de sûreté.
 
Souvent mises en cause pour leur manque de transparence, les compagnies électriques japonaises exploitant des centrales nucléaires, doivent demander le feu vert de l’ARN (l’autorité de sûreté nucléaire). «Jusqu’à présent, le respect des règles a été insuffisant. Nous ne voulons pas que les normes soient respectées à la limite, nous espérons au contraire que les exploitants vont aller plus loin avec la volonté de garantir la meilleure sûreté», affirmait en juillet Shunichi Tanaka, le patron de l’ARN, nouvelle autorité de sûreté créée en septembre 2012 pour remplacer l’agence précédente, déconsidérée après Fuskushima.

Du coup, le Japon, qui avait connu une période «zéro nucléaire » de mai à juillet 2012, devrait se retrouver dans la même situation pour plusieurs semaines ou mois à compter du 15 septembre.
 
Réservoir d\'eau à Fukushima en juin 2013.
Réservoir d'eau à Fukushima en juin 2013. (AFP/1FUKUSHIMANUKE)

Situation difficile à Fukushima
Le Japon compte théoriquement 50 réacteurs nucléaires. Or 48 d’entre eux sont à l’arrêt par  précautions supplémentaires à la suite de l'accident de Fukushima. Dans la centrale touchée par le séisme de 2011, puis par le tsunami, la situation est toujours plus que délicate. Des fuites radioactives continuent de se déverser dans la mer.

Le gouvernement a d’ailleurs décidé d’intervenir dans cette affaire de fuite que la compagnie Tepco –gestionnaire de Fukushima- n’arrive pas à maîtriser. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé début août que les autorités allaient davantage s'impliquer dans la gestion de l'eau contaminée de la centrale nucléaire.

M.Abe, qui a demandé au ministère de l'Industrie de prendre «des mesures rapides et efficaces» à ce sujet, a précisé que l'Etat participerait désormais au financement de la gestion du problème de l'eau contaminée sur le site. L'Etat a déjà versé, aux côtés des compagnies d'électricité du pays, quelque 3.800 milliards de yens (près de 30 milliards d'euros) à un fonds créé pour soutenir Tepco dans la gestion de la catastrophe.
 
Avant Fukushima, le Japon était le troisième producteur d’électricité nucléaire au monde, derrière les Etats-Unis et la France. 29% de son éléctricité était d’origine nucléaire.
 
Le Japon a en partie compensé l’absence du nucléaire en ayant recours aux énergies classiques (gaz, charbon…) mais a aussi incité sa population à économiser l’énergie. Le premier ministre Shinzo Abe a lancé la campagne « setsuden », « économie d’électricité » en japonais. Une campagne lancée au début de l’été. Un été qui a été particulièrement chaud, obligeant les Japonais à utiliser leurs climatiseurs.
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