VIDEO. Le miracle des pâtes de Gragnano

AVENUE DE L'EUROPE / FRANCE 3

Comment Gragnano, capitale de la "pasta" nichée dans la baie de Naples, a trouvé un second souffle grâce à l'IGP, Indication géographique protégée. Un petit miracle raconté par "Avenue de l'Europe".

Si les pâtes font partie des meilleures armes de l'Italie dans la guerre commerciale mondiale, c'est grâce aux IGP, Indications géographiques protégées (le nom européen des AOP). Celles de Gragnano ont décroché le précieux label certifiant leur qualité. Elles sont inscrites dans leur terroir de la région de Naples, près de la côte amalfitaine. Une composition simplissime où entrent deux ingrédients : du blé dur sélectionné ici depuis cinq siècles, de l'eau pure filtrée par la roche. Et un savoir-faire ancestral, que se transmet la famille Moccia depuis des générations.

Le vent du large remplacé par une machine

L'entreprise familiale a investi dans des brevets, déposés pour protéger ses secrets. Evidemment, plus question de faire sécher les pâtes en plein air, comme au XIXe siècle. Mais le vent du large a pu être reproduit par la technologie... Dans l'usine des frères Moccia, qu'a visitée une équipe du magazine "Avenue de l'Europe", c'est une machine qui le remplace. Ce séchage lent représente en effet une étape cruciale, explique Antonino Moccia, qui dirige la fabrication. Si elle est manquée, les pâtes seront immangeables... et invendables. 

Des ventes multipliées par cinq

Pour obtenir cette IGP, toutes les entreprises de la ville ont dû se regrouper et livrer bataille auprès de l'Union européenne. Dix ans plus tard, le succès est au rendez-vous. Ces pâtes de luxe ont toujours été plus chères que celles de la concurrence, "mais ce qui a changé avec l'IGP, explique Ciro Moccia, qui dirige le marketing, c'est que nos produits sont beaucoup plus valorisés. Ils ont une histoire. Quand on en vendait dix avant, on en vend cinquante maintenant".

"A part les pâtes, ici, c'est femme de ménage"

Le succès des pâtes de Gragnano rejaillit sur tout le bassin d'emploi. Il y a dix ans, 200 ouvriers en vivaient ; ils sont plus de 1 000 aujourd'hui. "C'est pratiquement le seul boulot qu'on trouve ici, déclare une ouvrière. A part les pâtes, c'est femme de ménage." "Trouver du travail à Gragnano, c'est juste impossible, renchérit une autre. Les pâtes, pour nous, c'est un vrai miracle."

Extrait de "Italie : la qualité, une arme de guerre", un reportage d’Anne Sylvain et Alexis Delcourt, diffusé dans "Avenue de l'Europe" du 27 février 2019.

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