"Le grand problème c'est qu'il y a un déni total" : le football italien veut en finir avec le racisme dans ses stades

Blaise Matuidi, alors milieu de terrain de la Juventus parle avec l\'arbitre Gianpaolo Calvarese lors d\'une rencontre face au Cagliari Calcio après avoir été la cible d\'insultes racistes, le 6 janvier 2018.
Blaise Matuidi, alors milieu de terrain de la Juventus parle avec l'arbitre Gianpaolo Calvarese lors d'une rencontre face au Cagliari Calcio après avoir été la cible d'insultes racistes, le 6 janvier 2018. (MIGUEL MEDINA / AFP)

La Fédération italienne de football et la Ligue de foot italienne ont annoncé plusieurs mesures pour lutter contre les actes xénophobes et racistes dans les tribunes.

Des cris de singe, des lancers de bananes, des banderoles insultantes. En Italie, cela fait en effet des décennies que les footballeurs africains ou d'origine africaine sont les cibles d'attaques racistes et peu importe la division. Autant de pratiques qui sont loin d'émouvoir une partie des Tiffosi. "Les insultes cela fait partie du folklore, c'est une tradition nationale", explique Pietro, supporter. Mais le football italien semble enfin décidé à lutter contre le racisme dans ses stades. Dimanche 20 octobre, le club de l'AS Roma a présenté ses excuses après que certains de ses supporters ont insulté un joueur noir de l'équipe adverse. La fédération italienne de football annonce elle une série de mesures pour lutter contre un mal fortement ancré. 

"La chose la plus facile est de faire un chant raciste"

Le milieu du football italien s'est ouvert tardivement à la diversité et donc aux joueurs africains. "Quand on voit dans l'autre équipe un joueur de couleur, explique le journaliste italien Andrea Silliti travaille pour la chaîne Sky Sports Italia, la chose la plus facile est de faire un chant raciste."

La majorité des supporters de Série A sont d'extrême droite. Et la droite en Italie est très forte maintenant, donc ils ne sentent pas menacés.Andrea Sillitià franceinfo

Si aujourd'hui tout le monde s'indigne,  il y a encore quelques semaines, ils n'étaient que très peu à s’être vraiment emparés du sujet. Pas grand monde ou presque ne poussait la réflexion pour cerner les coupables et les responsabilités de la mauvaise réputation des tribunes italiennes. Dominique Courdier, directeur associé de Newstank football, a été l’envoyé spécial de l’Equipe en Italie pendant 15 ans. Selon lui, "le grand problème est qu'il y a un déni total". "Je pense que pour traiter le problème il faut d'abord admettre qu'il y un problème", avance-t-il.

"Il y a besoin de nettoyer tout ça, au niveau moral et au niveau business"

Visiblement, Gianni Infantino l’a compris. Il y a un mois, l’Italo-suisse, président de la Fifa, a durci le ton. "Ce n'est pas acceptable, nous devons l'affirmer : pas de racisme dans le football, en Italie comme dans le reste du monde". Depuis début octobre, la Fédération italienne de football et la ligue de foot italienne ont emboîté le pas au président de la Fifa et annoncé plusieurs mesures que les clubs italiens devront respecter afin de lutter contre les actes xénophobes et racistes.

Cette prise de conscience n’est pas illogique pour l'ancien journaliste de l'Équipe Dominique Courdier : "Il y a besoin d'un produit propre et le football italien avec des cris de singe dans les tribunes ou autres manifestations xénophobes, il y a besoin effectivement de nettoyer tout ça, au niveau moral et au niveau business également". Mais comme beaucoup, Dominique Courdier est convaincu que le chemin sera long, très long pour assainir les tribunes italiennes.

Le football italien veut en finir avec le racisme dans ses stades : le reportage de Cédric Guillou
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne