La police italienne part à la chasse aux "fake news"

Une capture d\'écran, datée du 19 janvier 2018, du site internet mis en ligne par les autorités italiennes pour lutter contre les fausses informations.
Une capture d'écran, datée du 19 janvier 2018, du site internet mis en ligne par les autorités italiennes pour lutter contre les fausses informations. (COMMISSARIATODIPS / FRANCEINFO)

Les internautes peuvent signaler les fausses informations sur un site dédié, et obtenir des vérifications de la part de la police "dans la mesure du possible".

L'Italie déclare la guerre aux "fake news". La police italienne a annoncé, jeudi 18 janvier, le lancement d'un site internet destiné à permettre aux citoyens de signaler de potentielles fausses informations circulant sur le web. Les internautes peuvent ainsi obtenir certaines vérifications. Cette initiative intervient à moins de deux mois des élections législatives, prévues le 4 mars et dont l'issue est très incertaine.

Sur un site dédié, chaque citoyen italien pourra signaler ce qui lui paraît être une fausse information. Les services de police spécialisés dans la surveillance d'internet et des réseaux de télécommunications, la "police postale", lanceront alors une enquête pour vérifier, "dans la mesure du possible", cette information, a indiqué la directrice de ce service de police. "Il s'agit de fournir une réponse seulement quand c'est objectivement possible", précise-t-elle à l'agence Agi (en italien), en assurant qu'il ne s'agit pas d'"attribuer des sceaux d'authenticité".

De possibles poursuites judiciaires

Cette enquête prévoit une "identification des sources", ou encore une "recherche d'éventuels démentis" et, s'il s'avère que l'information mentionnée est "manifestement fausse", un démenti sera publié sur le site de la police postale et sur les réseaux sociaux, selon le ministère de l'Intérieur italien. Et si celle-ci est diffamatoire ou délictuelle, la police pourra saisir la justice. Les autorités ne redoutent pas l'afflux de demandes et se disent tout à fait prêtes à y faire face.

La commissaire européenne à l'Economie et la Société numériques, Mariya Gabriel, a appelé lundi à "une approche européenne" sur les "fake news" ou fausses informations, en inaugurant un groupe d'experts sur ce dossier. En France, le président français Emmanuel Macron a annoncé vouloir légiférer avant la fin de l'année 2018 sur la question.