Italie : un professeur incite ses étudiants à copier pour dénoncer la pratique du plagiat chez les professeurs

Photo d\'illustration d\'une université à Gand (Belgique), mardi 27 septembre 2016.
Photo d'illustration d'une université à Gand (Belgique), mardi 27 septembre 2016. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG)

Luccio Piccio, qui enseigne l'économie politique à l'université de Bologne, entend ainsi dénoncer le système "qui garantit aux enseignants l'impunité en cas de plagiat".

A la vénérable université de Bologne (Italie), un professeur vient de faire sensation en invitant quasiment ses étudiants à copier, une façon pour lui de dénoncer l'impunité de certains de ses collègues accusés de plagiat, selon le Corriere di Bologna et le Corriere della Serra (en italien), mardi 27 septembre.

"Je veux vous annoncer que je ne surveillerai pas pour voir si vous copiez, parce qu'en toute conscience, je ne peux pas vous demander de respecter des règles que l'université de Bologne permet à ses professeurs de violer", écrit Luccio Piccio, professeur d'économie politique. "En effet, un système est en place qui garantit aux enseignants l'impunité en cas de plagiat", ajoute-t-il dans ce courrier (en italien) mis en ligne lundi sur le site de l'université.

Plusieurs cas supposés de plagiats 

Dans sa lettre, Luccio Piccio fait référence à plusieurs cas avérés de plagiat impliquant certains de ses collègues et restés sans conséquence pour les intéressés, en vertu d'une omerta qui règne selon lui au sein de l'université. L'enseignant fait le parallèle entre ces cas et celui d'une étudiante récemment suspendue pendant trois mois "parce qu'elle avait été surprise lors d'un examen munie d'un téléphone portable et d'écouteurs".

L'une des affaires citées par le professeur remonte à janvier 2015, lorsque le responsable d'une importante institution scientifique "avait écrit au directeur de notre département pour lui signaler qu'un professeur avait copié d'autres auteurs", rapporte-t-il. L'université avait alors affirmé "n'admettre aucune forme de plagiat ou de malhonnêteté intellectuelle", poursuit Luccio Piccio qui déplore qu'en dépit de cette affirmation, le confrère indélicat ait été récemment nommé à la tête d'un "célèbre institut de recherche bolognais".