Italie : Giuseppe Conte officiellement désigné chef du gouvernement

Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, à Rome, le 23 mai 2018.
Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, à Rome, le 23 mai 2018. (VINCENZO PINTO / AFP)

Issu du Mouvement 5 étoiles, un parti antisystème, ce juriste de 54 ans, spécialiste de droit civil et administratif, est inconnu du grand public.

Cette fois-ci, c'est officiel. A 54 ans, Giuseppe Conte a été désigné, mercredi 23 mai, chef du gouvernement italien. "Le président de la République, Sergio Mattarella, a reçu cet après-midi le professeur Giuseppe Conte, auquel il a donné le mandat pour former le gouvernement", a déclaré à la presse le secrétaire général de la présidence. Le président italien a tout de même attendu 48 heures avant de valider la proposition du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue.

Inconnu du grand public dont l'intérêt pour la politique est récent, Giuseppe Conte va maintenant devoir composer son gouvernement, qui fait depuis des jours l'objet d'âpres négociations entre le M5S et la Ligue. Cette liste devra ensuite recevoir l'aval du président italien, puis le gouvernement ira prêter serment avant de se présenter devant la Chambre des députés et le Sénat pour obtenir leur confiance.

Un gouvernement anti-Europe

Selon les médias italiens, Matteo Salvini, patron de la Ligue, devrait devenir ministre de l'Intérieur tandis que Luigi Di Maio, chef de file du M5S, hériterait d'un grand ministère du Développement économique. Mais le nom qui pose le plus de problèmes est celui que la Ligue veut imposer pour le portefeuille de l'Economie : Paolo Savona, un ancien ministre de 81 ans considérant l'euro comme une "cage allemande" pour l'Italie.

Le "contrat de gouvernement" rédigé entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue promet davantage de fermeté contre la corruption, la délinquance et l'immigration. Dans le détail, le nouveau gouvernement doit mettre en place un nouveau système pour le calcul de l'âge de la retraite, créer un "revenu de citoyenneté", une "flat tax" et fixer une baisse de la fiscalité. Surtout, l'exécutif compte renvoyer quelque 500 000 migrants chez eux.