Italie : Cesare Battisti reconnaît sa responsabilité dans 4 meurtres des années 70

Cesare Battisti, le 14 janvier 2019 à son arrivée à Rome (Italie).
Cesare Battisti, le 14 janvier 2019 à son arrivée à Rome (Italie). (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Pour la première fois, l'ancien activiste d'extrême-gauche a reconnu sa responsabilité et regretté la lutte armée.

Il a avoué. Cesare Battisti, ex-activiste d'extrême gauche condamné en Italie à la perpétuité pour quatre meurtres commis dans les années 70, a reconnu pour la première fois sa responsabilité dans ces crimes. "Tout ce qui a été établi lors de ces sentences est vrai", a déclaré Cesare Battisti, 64 ans, selon le procureur de Milan qui l'a interrogé ce weekend, Alberto Nobili, cité lundi 25 mars par les médias italiens.

L'ex-militant d'extrême gauche, réfugié en France pendant 15 ans, puis au Brésil, et capturé en janvier en Bolivie, a également présenté ses excuses aux familles des victimes et reconnu l'erreur de la lutte armée, a-t-il expliqué. "Nous nous attendons à ce que ces pseudo intellectuels de gauche, qui ont pendant des années dorloté cet assassin, présentent aussi des excuses", a commenté le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini.

"Ces excuses semblent déplacées"

Malgré ses condamnations par contumace en 1981 et 1993, Cesare Battisti n'avait jamais reconnu sa responsabilité pour ces crimes, au sein de l'organisation Prolétaires armés pour le communisme (PAC). "La lutte armée a empêché le développement d'une révolution culturelle, sociale et politique qui, à partir des événements de 68, aurait été absolument positive", a-t-il déclaré depuis la prison de Sardaigne où il purge une peine de prison à vie.

Selon l'avocat de Cesare Battisti, Davide Steccanella, l'interrogatoire "n'a pas été fait pour en tirer d'éventuels bénéfices, l'espoir étant de rendre une image juste de (son) client, qui n'est pas le monstre qui peut encore frapper comme il a été décrit". Mais pour Maurizio Campagna, le frère d'une des victimes, "ces excuses semblent déplacées". Elles ont été faites sur les conseils de son avocat dans le but "d'obtenir des remises de peines", a-t-il affirmé à la télévision italienne.

Vous êtes à nouveau en ligne