Élections régionales en Italie : l'Emilie Romagne va-t-elle basculer à droite ?

Le 26 janvier, les Bolonais sont invités aux urnes pour des élections régionales à enjeu national.
Le 26 janvier, les Bolonais sont invités aux urnes pour des élections régionales à enjeu national. (ANDREAS SOLARO / AFP)

Depuis que les régions existent en Italie, cette place forte de la gauche n'a jamais connu une autre couleur politique. Pourtant pour la première fois, les sondages donnent un résultat incertain.

Dimanche 26 janvier, des élections régionales vont avoir lieu en Emilie Romagne mais l'enjeu est véritablement national. Matteo Salvini, le chef de l'opposition et leader de la Ligue, a en effet mis toutes ses forces dans la bataille pour faire basculer ce bastion de la gauche. Et ses thèmes si chers à ses électeurs traditionnels, l'insécurité et l'immigration, semblent en avoir fait vaciller certains.

"Ce n'est plus possible, il y a des immigrés partout !"  

C'est le cas de Mirko, le patron du bar Tiffany à Borgo Penigale, dans la banlieue de Bologne. La semaine dernière Matteo Salvini est venu faire campagne dans son café et cela n'a pas plu à tout le monde. "Depuis que Salvini est passé, il y a moins de clients qui viennent au bar et plein de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, raconte Mirko. Tout cela parce ce que nous avons accueilli un homme politique de droite". Mirko ne s'en cache pas, il vote Salvini. Comme Francesco un entrepreneur de 50 ans qui a ses habitudes au Tiffany. "Ce n'est pas démocratique, ça ne devrait pas exister ! Ça me fatigue ce mode penser à sens unique. Ils se trompent selon moi ! Mais c'est dur de changer car ils sont très conservateurs ici et ils n'ont pas compris que la gauche ne fait plus rien ! Il suffit de faire un tour le soir, ce n'est plus possible, il y a des immigrés partout !"  

C'est aussi le problème pour Maria, elle a une boutique de parfums à 20 mètres du Tiffany. Il n'y a pas de chômage ici mais de l'insécurité, selon elle, à cause des immigrés.

Je n'avais jamais vu quelqu'un faire ses besoins dans la rue, se laver les parties intimes dans les fontaines.Maria, une commerçante de Bologneà franceinfo

"Ça se dégrade ici et ça me dérange !", insiste Maria. Si tous veulent y croire au Tiffany, aucun n'ose prédire la victoire de Salvini qui, lui, en revanche, annonce un 26 janvier historique. 

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