VIDEO. "On ne peut pas laisser un pont dans cet état" : à Crépy-en-Valois, des habitants s'inquiètent d'un pont décrépit

Dans l'Oise, le pont Saint-Ladre a été interdit aux poids lourds il y a quelques mois. Pas de quoi rassurer les usagers, qui le voient se détériorer depuis des années. Franceinfo s'est rendu sur place.

A l'entrée de Crépy-en-Valois (Oise), un ouvrage agite toutes les conversations de la ville. Le pont Saint-Ladre, 90 ans au compteur et des signes de fatigue bien visibles. Fissures impressionnantes, morceaux de revêtement effrités, ferrailles visibles, barrière descellée... L'ouvrage s'est tellement dégradé que le département a dû installer de grandes barrières afin d'interdire la circulation aux camions de plus de 3,5 tonnes. Une situation qui inquiète les riverains. 

"Les blocs de béton se cassent la gueule !", lance Yves Mouny, président de l'association Crépy environnement, en observant, derrière ses lunettes de soleil, ce pont qu'il connaît bien. Depuis 2015, lui et les membres de son association tentent d'alerter les pouvoirs publics sur l'état de l'ouvrage d'art. "On ne peut pas laisser un pont dans cet état. Ça, c'est sur", renchérit son acolyte, Ted Lewandowski.

Un bras de fer avec la SNCF

Mais alors, pourquoi ce vieux pont délabré reste-t-il en place ? La faute, notamment, à un bras de fer entre le département de l'Oise et la SNCF. Alors que l'entreprise ferroviaire semblait prête à le reconstruire en 2013, cette dernière a finalement revu sa position en 2015, considérant que le procès-verbal de 1929 ne l'obligeait qu'à l'entretien du pont existant... Le département a donc porté l'affaire devant les tribunaux afin de déterminer à qui incombait vraiment la responsabilité de cet ouvrage d'art. La décision n'est toujours pas rendue.

Des années de procédures qui commencent à lasser le maire de la ville, Bruno Fortier. Installé dans son hôtel de ville cossu, à quelques centaines de mètres du pont, l'édile ne cache pas que le sujet du pont Saint-Ladre lui donne des sueurs froides.

L'inquiétude, c'est que le pont s'écroule. Elle est légitime, et je l'ai aussi.

Bruno Fortier, maire de Crépy-en-Valois

à franceinfo

L'édile compte solliciter le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, pour faire avancer le dossier. En attendant, les habitants continuent de traverser le pont, avec inquiétude.

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