Effondrement d'un pont à Gênes :"Les conditions sont techniquement les mêmes que celles d'un séisme"

Le pont Morandi après l\'effondrement.
Le pont Morandi après l'effondrement. (FOTOGRAMMA / IPA / MAXPPP)

Michaël Bernier, porte-parole de la sécurité civile française, a expliqué mardi sur franceinfo le travail des secours sur place pour sauver les victimes.

"Ce genre d'intervention est cadrée et très organisée", a déclaré mardi 14 août sur franceinfo Michaël Bernier, porte-parole de la sécurité civile française. Il explique que comme pour un tremblement de terre, "toutes les recherches se focalisent sur d'éventuels survivants."

"Les conditions sont techniquement les mêmes que celles d'un séisme", précise le porte-parole, après l'effondrement du pont Morandi à Gênes en Italie qui a fait une trentaine de morts et de nombreux blessés graves, selon un dernier bilan.

franceinfo : Quelles sont les priorités des sauveteurs au cours de ces premières heures ?

Michaël Bernier : La recherche primordiale est de rechercher d'éventuels survivants sous les effondrements. Comme pour un tremblement de terre, toutes les recherches se focalisent pour essayer de voir si des personnes se trouvent ensevelies, coincées et sont encore vivantes. On est sur une zone très localisée, on n'est pas sur un tremblement de terre qui a touché des dizaines de kilomètres carrés, mais sur un effondrement de pont qui pourrait être la même chose que si un immeuble s'était effondré sur toute sa longueur.

Est-ce que les services de secours italiens sont justement formés, habitués à intervenir sur ce genre d'accident ?

Oui tout à fait, ils sont complètement formés comme nous. Il y a une qualification internationale concernant la formation aux tremblements de terre qui permet aux équipes françaises, espagnoles, italiennes ou européennes ou même d'autres pays comme les États-Unis d'aller partout dans le monde. Elles ont cette qualification qui s'appelle "Insarag" qui leur permet de travailler avec les mêmes méthodes et le même matériel dans la recherche de victimes. Ils permettent d'écouter sous le béton s'il y a des sons ou si quelqu'un répond à d'éventuels appels. Ce sont des matériaux de levage, de découpe, très spécifiques pour des charges énormes, pour couper du béton et pouvoir créer des passages pour se faufiler pour aller chercher une victime. Il y a de grosses mesures de sécurité qui sont prises. Les équipes - extrêmement pointues dans leurs compétences - vérifient chaque point de sécurité avant de s'engager et faire prendre des risques à d'autres personnes.

On imagine qu'il est très difficile pour les secouristes sur place d'évaluer l'importance de ce qu'il s'est passé ?

C'est pour ça qu'il y a des formations très pointues et que c'est une organisation millimétrée. Il y a un commandant des opérations de secours qui va avoir sous lui plusieurs équipes. Certaines vont s'occuper de la recherche de victimes, d'autres vont s'occuper de médicaliser, de soigner et d'évacuer les éventuelles victimes retrouvées, et puis d'autres encore vont travailler avec des services extérieurs parfois la police, l'urbanisme etc. Pour essayer d'identifier s'il y avait des potentielles personnes présentes sur les lieux ou si tel ou tel bâtiment était vide ou non.

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