Dans le pavillon français de la Biennale de Venise : "On a presque l'impression d'être à l'intérieur d'un instrument de musique"

L\'artiste français Xavier Veilhan lors de l\'inauguration du centre commercial Beaugrenelle en 2015 à Paris.
L'artiste français Xavier Veilhan lors de l'inauguration du centre commercial Beaugrenelle en 2015 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

Pour la 57e édition de la Biennale de Venise, qui ouvre ses porte samedi, l'artiste français a transformé le pavillon français en studio d'enregistrement sculpture. 

Le monde de l’art est rassemblé en ce moment à Venise où la 57e Biennale ouvre ses portes au public du samedi 13 mai au dimanche 26 novembre.

C'est l'un des principaux rendez-vous de l’art contemporain en Europe. Cette année, quelque 120 artistes de 50 pays y présentent leurs œuvres. Le pavillon français a été confié à Xavier Veilhan. 

Le pavillon, un instrument de musique géant

L'artiste plasticien français a choisi de faire dialoguer arts plastiques et musique. Il a imaginé un studio d’enregistrement sculpture. Pendant six mois, la musique va investir le pavillon français. "Même s'il y a une très forte volonté esthétique, c'est orienté vers la production de sons, explique Xavier Veilhan. Donc ça reprend les caractéristiques des lieux dont l'acoustique est travaillée avec des murs en bois, des zones plus ou moins en biais ou qui sont des réflecteurs pour la musique. On a presque l'impression d'être, ici, à l'intérieur d'un instrument de musique. On s'est un peu amusé à créer des instruments géants qui établissent une correspondance entre les instruments normaux et l'architecture globale de l'espace qui est à une autre échelle."

Des enregistrements mais pas de concerts

Une centaine de musiciens d’horizons différents ont été invités. Les visiteurs pourront peut-être croiser le chanteur Sébastien Tellier ou la compositrice octogénaire Eliane Radigue. Mais il n’y aura pas de concerts dans le pavillon français. Les visiteurs seront les témoins d’un matériel sonore en formation. "Ces musiciens vont se succéder et enregistrer de la musique au sein de cette sculpture acoustique, indique l'artiste. Donc, c'est une possibilité de lien entre le domaine des arts visuels et le domaine de la musique, un petit peu comme une multiplication comme on peut le voir dans la musique de film par exemple. On comprend bien, quand on voit des images sans son, ce que la musique peut apporter à des images. Ici, c'est un petit peu la même chose."

La musique enregistrée ici, dans la fragilité du moment de l'enregistrement qui est un moment de recherche et de tentatives, vient souligner la puissance visuelle de l'architecture.Xavier Veilhan, artiste françaisà franceinfo

Xavier Veilhan compare la Biennale de Venise et ses 50 pays aux Jeux olympiques de l’art. Pour lui, elle demeure un lieu de référence et y exposer est capital. "Les premiers jours d'ouverture, on voit défiler tous les grands directeurs de musée, raconte-t-il. C'est une visibilité énorme donc ça joue dans tous les sens c'est à dire que, si jamais vous vous plantez, ce n'est pas très bon mais au moins vous existez au yeux de tous. Avoir le pavillon national, c'est formidable."

Cette année, dans le pavillon des États-Unis de cette Biennale de Venise, Mark Bradford délivre un message très politique. Il a installé d’immenses collages de déchets et de matériel jetable pour que Donald Trump n’oublie pas les laissés-pour-compte.

Quel look pour le pavillon français de la Biennale de Venise 2017 ? Le reportage d'Anne Chépeau
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