Carabinier tué en Italie : la photo d'un suspect américain les yeux bandés provoque la polémique

Des fleurs déposés en hommage au carabinier Mario Cerciello Rega, dimanche 28 juillet 2019, devant un poste des carabiniers à Rome, en Italie. 
Des fleurs déposés en hommage au carabinier Mario Cerciello Rega, dimanche 28 juillet 2019, devant un poste des carabiniers à Rome, en Italie.  (VINCENZO PINTO / AFP)

"Je rappelle que l'unique victime qu'il faut pleurer est un homme, un fils, un mari de 35 ans, un carabinier", a estimé de son côté le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. 

La presse italienne continue de pointer, dimanche 28 juillet, les zones d'ombres après le meurtre d'un carabinier à Rome. Mais c'est surtout la diffusion d'une photo de l'un des des suspects américains pendant son interrogatoire, menottés et les yeux bandés, qui provoquent le plus de réactions en Italie. "C'est une image qui me fait mal parce que ce comportement mine le travail de milliers de carabiniers. Celui qui représente l’État ne doit pas faire ces choses", a par exemple dénoncé sur Facebook l'ancien magistrat et ex sénateur Pietro Grasso.

La hiérarchie des carabiniers a annoncé l'ouverture d'une enquête après la publication de cette photo. Indépendamment du fait que la photo ait été diffusée, les carabiniers ont assuré qu'un tel traitement était inadmissible. Selon les médias italiens, le carabinier qui lui a mis le bandeau sera muté. Il a expliqué avoir agi ainsi pour empêcher le jeune homme d'apercevoir des éléments sensibles de l'enquête sur les écrans du bureau.

"Ils ne méritent que la prison à vie"

De son côté, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a évacué la polémique dimanche d'un simple message sur Twitter. "Pour ceux qui se plaignent du bandeau [sur les yeux] d'un prévenu, je rappelle que l'unique victime qu'il faut pleurer est un homme, un fils, un mari de 35 ans, un carabinier, un serviteur de la patrie mort en service par la main de personnes, qui, si elles sont coupables, ne méritent que la prison à vie. Au travail."

Samedi soir, une juge a validé l'arrestation d'Elder Finnegan Lee et de Gabriel Christian Natale Hjorth, deux touristes américains de 19 ans, pour les chefs de meurtre aggravé et de tentative d'extorsion. Selon les carabiniers, l'un des deux a avoué être l'auteur des coups de couteau mortels portés contre Mario Cerciello Rega Cerciello, un carabinier de 35 ans qui venait de revenir de lune de miel, dans la nuit de jeudi à vendredi dans un quartier cossu proche du Vatican.

De nombeuses questions en suspens

Le couteau a été retrouvé dissimulé dans la chambre d'un hôtel quatre étoiles où les deux adolescents originaires de San Francisco séjournaient. Selon les premiers éléments de l'enquête, les deux jeunes Américains avaient pris le sac d'un dealer qui leur avait vendu de l'aspirine pour de la cocaïne et réclamaient 100 euros pour le lui rendre. Mais à la place de ce dernier, ce sont les gendarmes qui se sont rendus, en civil, au rendez-vous fixé pour l'échange.

Celui qui a reconnu avoir porté les coups de couteau a expliqué avoir cru qu'il s'agissait d'amis du dealer et avoir paniqué. Mais la presse insistait dimanche sur les zones d'ombre: pourquoi ces riches touristes ont-ils pris un tel risque pour 100 euros ? Pourquoi le dealer a-t-il prévenu la police ? Pourquoi les carabiniers sont-ils allés au rendez-vous en civil, et pourquoi n'ont-ils pas sorti leur arme ?

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