24 novembre : à Rome, le mouvement féministe manifestera pour dénoncer les violences faites aux femmes et les attaques contre le droit à l'avortement

Manifestation féministe à Rome le 10 novembre 2018
Manifestation féministe à Rome le 10 novembre 2018 (CHRISTIAN MINELLI / NURPHOTO)

Le ministre de la Famille du nouveau gouvernement italien est un militant des mouvements "pro-vie".

Des manifestations contre les violences faites aux femmes sont prévues dans la plupart des capitales européennes samedi 24 novembre. En Italie, à Rome le défilé aura un écho particulier. Les associations féministes dénoncent des attaques répétées aux droits des femmes depuis l’arrivée au pouvoir de la Ligue, en particulier sur le droit à l’avortement. Plusieurs villes adoptent des motions favorables aux associations "pro-vie", dans une Italie où l’accès à l’IVG n’a jamais été aisé. 

Avorter reste un parcours du combattant

En 2009, Livia a 18 ans. Elle tombe enceinte et décide d'avorter : "Dans le premier centre médical gratuit où je me suis rendue c’est une psychologue qui m’a accueillie pas un médecin, raconte la jeune femme, elle insistait pour savoir si je voulais garder le bébé." Déstabilisée, Livia préfère changer de centre pour s'adresser à une gynécologue : "J’ai été enfin inscrite sur une liste d’attente. A force, j’ai pu avorter mais tout juste avant la limite légale des trois mois de grossesse. C'était terrible."

 L’accès à l’avortement est un droit en Italie depuis 40 ans. Mais il est malmené déplorent les associations féministes. Le principal obstacle étant l’objection de conscience brandie par plus de 70% des médecins italiens expliquent-elles. Eleonora Milazzi a monté une association – Objection Rejetée – qui reçoit les signalements des femmes, et établit une carte des structures de santé à fréquenter ou à éviter: "Au Sud, on a un problème d’accès aux structures de santé en général. Au Nord, le problème c’est la présence des mouvements 'pro-vie' dans les centres d’accueil" explique Eleonora Milazzi, avant de raconter l'histoire d'une femme ayant dû faire le tour de la Calabre pour trouver où avorter, en vain. Le terme dépassé, elle garde finalement le bébé

Un ministre "pro-vie" au gouvernement

Les associations sont préoccupées par l'évolution de la situation politique. Le ministre de la Famille du gouvernement Ligue – 5 Étoiles est un militant des mouvements "pro-vie". Son nom : Lorenzo Fontana. Dans sa ville Vérone, une motion a été votée pour financer ces mouvements afin de prévenir les avortements. Nous avons rencontré l’élu qui porte cette mesure à Vérone, Alberto Zegler : "Ma motion est destinée à soutenir la maternité et prévenir l’avortement. Au niveau local, on va aider les femmes financièrement à garder leurs enfants."

Les enfants sont une richesse pour elles et pour la nation.Alberto Zeglerà franceinfo

Au revers de sa veste un pin’s représentant de touts petits pieds. Ceux d’un fœtus de 11 semaines nous explique ce conseiller municipal de la Ligue: "On les aide [les femmes] aussi en les informant davantage sur l’adoption anonyme. Quant à la loi sur l’avortement, je pense qu’elle est profondément injuste, parce qu’elle ne tient pas compte du droit de l’enfant à naître."

L’accès à l’IVG est un droit fragile rappelleront les manifestants samedi 24 novembre à Rome. Pendant ce temps à Vérone, les anti-IVG ont prévu eux aussi de défiler.

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