Syrie: raids d’Israël et renforts du Hezbollah mettent le Golan au bord du chaos

Char et soldat israéliens en exercice lors de manœuvres, le 13 septembre 2016, dans la partie du Golan syrien annexée par l\'Etat hébreu. 
Char et soldat israéliens en exercice lors de manœuvres, le 13 septembre 2016, dans la partie du Golan syrien annexée par l'Etat hébreu.  (JALAA MAREY/AFP)

Alors que le fragile cessez-le-feu laborieusement mis au point par Washington et Moscou peine à s’installer en Syrie, la multiplication des incidents sur le Golan menace la région Sud, frontalière avec Israël, d’un dangereux dérapage. Damas affirme avoir abattu un avion et un drone israéliens, Tel Aviv dément et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov appelle à la retenue.


En pleine incertitude sur la viabilité du cessez-le-feu entré en vigueur le 12 septembre 2016 au soir en Syrie, le chef de la diplomatie russe a dû intervenir en catastrophe sur la situation prévalant ces derniers jours dans le Golan.
 
Moscou appelle à la retenue dans le Golan
«Il est nécessaire de faire preuve de retenue et d’éviter toute provocation sur les hauteurs du Golan», a déclaré Sergueï Lavrov à l'agence officielle Tass au lendemain d’une passe d’armes entre Israël et la Syrie.
 
Pour lui, la situation sur ce plateau stratégique est le reflet d’une déstabilisation globale du Proche-Orient et de la menace croissante des terroristes, «mais la lutte contre eux doit être menée dans le cadre de résolutions du Conseil de sécurité», a-t-il tenu à rappeler.
 
Une mise en garde à l’adresse autant d’Israël que de la Syrie, quelques heures seulement après la guerre de communiqués entre les deux autour de débordements militaires dans le Golan.
 
Habituellement discrète sur les attaques israéliennes contre son territoire, l’armée syrienne a annoncé le mardi 13 septembre au matin avoir abattu un avion et un drone militaires israéliens après l’attaque d’une de ses positions dans la région de Quneitra.

Guerre des communiqués entre Damas et Tel Aviv 
Un communiqué en réponse à celui de l’armée israélienne annonçant avoir frappé des positions du régime sur le Golan, en riposte à la chute d’un projectile venu du territoire syrien dans la partie occupée par Israël.
 
Même si cette bavure, conséquence non intentionnelle «du conflit interne en Syrie», selon un porte-parole militaire israélien, n’a pas fait de victime, l’Etat hébreu a réagi comme lors de plusieurs incidents similaires en juillet et en août.
 
Israël, qui considère «le gouvernement syrien responsable de toutes les actions en Syrie», a également démenti que l’armée syrienne ait abattu ses appareils. «Il n’y a rien de vrai là-dedans», a déclaré le commandant Arye Shalicar.
 
«Deux missiles sol-air ont été tirés de Syrie après la mission menées dans la nuit contre des positions de l’artillerie syrienne, a reconnu un autre porte-parole, le colonel Peter Lerner, mais la sécurité de l’aviation n’a à aucun moment été compromise.» 
 
Ce nouveau débordement des combats entre rebelles et armée loyale à Bachar al-Assad ainsi que la réaction israélienne, viennent confirmer une montée des tensions dans une région stratégique hautement inflammable.

Israël s'inquiète du déploiement du Hezbollah près de sa frontière 
Notamment après l’annonce par l’agence iranienne Fars du déploiement d’une importante force conjointe de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais dans la province de Quneitra et sa capitale fantôme du même nom, au sud du pays à proximité de la frontière avec Israël.
 
Un déploiement qui cible a priori les mouvements djihadistes tels que Fath al-Islam (nouvelle appellation du Front al-Nosra) ou l’armée Khalid Ibn al-Walid (fusion de groupes affiliés à l’organisation de l’Etat islamique).
 
En effet, selon l’agence officielle iranienne, «l’armée syrienne et les combattants du Hezbollah ont travaillé sur un plan conjoint pour mettre un terme à la rébellion au sud de la Syrie, en particulier près des hauteurs du Golan».
 
Même si l’Etat hébreu n’est pas visé par une telle gesticulation, la presse israélienne s’est inquiétée du rapprochement des partisans de l’Iran de sa frontière Nord.
 
S’appuyant sur les propos d’Avi Dichter, ancien directeur du Shin Bet et président de la commission des Affaires étrangères à la Knesset, Alyaexpress-news écrit : «Depuis les frappes aériennes de la Russie à partir de bases iraniennes, et les forces turques engagées dans un assaut terrestre contre l’Etat islamique dans le Nord, les responsables israéliens voient le conflit se déplacer vers une phase imprévisible encore plus chaotique.»
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