Le regard de C.Enderlin sur les élections en Israël (2): le nucléaire iranien

 Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain, à Washington, le 3 mars 2015.
 Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain, à Washington, le 3 mars 2015. (AFP PHOTO / NICHOLAS KAMM)

Les élections législatives du 17 mars 2015 sont l'occasion de préciser la position des leaders politiques sur le nucléaire iranien. Le correspondant de France 2 à Jérusalem Charles Enderlin fait le point pour Géopolis.

Ce devait être le discours qui allait boucler sa victoire électorale. Le 3 mars 2015, quatorze jours avant le scrutin, Benjamin Netanyahu, prenant la parole devant les deux chambres du Congrès à Washington, était persuadé que son image allait placer l’affaire du nucléaire Iranien au centre du débat en Israël. C’est raté. D’abord parce qu’en acceptant l’invitation des Républicains sans en avertir la Maison Blanche, il s’est attiré la colère des Démocrates et de l’administration Obama. Résultat : les services américains ont cessé d’informer leurs homologues israéliens du détail des négociations avec l’Iran dans la crainte que Netanyahu ne divulgue certains secrets.

Cette rupture avec l’allié américain renforce l’inquiétude d’un aréopage de 200 anciens généraux et patrons de service de renseignement. Ils accusent le Premier ministre sortant d’avoir ainsi porté atteinte à la sécurité d’Israël. Meir Dagan, qui a dirigé le Mossad pendant huit ans, affirme que Netanyahu se trompe en déclarant que les iraniens pourraient se doter de l’arme atomique en moins de douze mois et puis, dit-il, Téhéran n’a pas de missiles capables d’atteindre les Etats-Unis.

En cas de réélection, Netanyahu reviendra sur le sujet
Pour l’heure, le sujet a disparu de la campagne électorale, axée presque exclusivement sur les problèmes économiques et sociaux. Le coût de la vie, la crise de l’immobilier. Mais, il ne faut pas s’y tromper, Netanyahu réélu, il reprendra sa campagne contre tout accord qui ne barrerait pas définitivement la voie vers une arme nucléaire iranienne. En d’autres termes il ferait jouer ses relais républicains au congrès pour limiter le plus possible les concessions que pourrait faire le président américain à Téhéran.

Irait-il – s’il devait l’estimer nécessaire – jusqu’à une opération militaire en Iran ? Déjà, en 2010, avec Ehud Barak, son ministre de la Défense de l’époque, il l’envisageait, mais a dû y renoncer face à l’opposition du chef d’état major, Gaby Ashkenazi, du patron du Shin Beth, Youval Diskin, et de Meir Dagan. Ce dernier a révélé qu’il était prêt à démissionner si le cabinet de sécurité donnait à l’armée l’ordre de passer à l’offensive en Iran. Une majorité de ministres s’était prononcée contre. Les avions n’ont pas décollé. D’après ce que l’on sait, les responsables militaires actuels font la même analyse. Il faut laisser la négociation suivre son chemin. 

C’est l’avis de Yitzhak Herzog, tête de liste de l’Union sioniste, l’alliance entre le parti travailliste et Hatnua de Tzipi Livni. Il adhère aussi au consensus national, de droite comme de gauche, qu’en aucun cas les ayatollahs ne doivent disposer de l’arme atomique. Il a déjà annoncé que, s’il arrivait au pouvoir, il rétablirait des relations de confiance avec Obama et le soutiendrait sur ce dossier.
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