Israël : un procès historique contre le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, s'ouvre à Jérusalem

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le 9 février 2020 à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le 9 février 2020 à Jérusalem. (RONEN ZVULUN / AFP)

Le chef du gouvernement est le premier de l'histoire du pays à faire face à des accusations criminelles au cours de son mandat.

Israël entre dans l'inconnu. Pour la première fois de l'histoire du pays, un Premier ministre fait face à des accusations criminelles, de corruption, au cours de son mandat. Après dix-sept mois d'une crise électorale au cours de laquelle il a joué sa survie politique, Benyamin Nétanyahou est attendu dimanche 24 mai au tribunal du district de Jérusalem pour une nouvelle bataille, judiciaire cette fois, afin d'éviter la prison et de blanchir sa réputation.

Avant lui, Ehud Olmert, ancienne étoile du Likoud, son parti, avait déjà été inculpé pour corruption mais après avoir démissionné de son mandat de Premier ministre. Il avait été reconnu coupable d'avoir touché des pots-de-vin avant de croupir seize mois en prison.

Trois affaires en une

Un scénario que cherche à éviter Benyamin Nétanyahou, 70 ans, accusé d'avoir reçu pour 700 000 shekels (180 000 euros) de cigares, champagne et bijoux de la part de personnalités richissimes en échange de faveurs financières ou personnelles. Selon les enquêteurs, Benyamin Nétanyahou aurait aussi tenté de s'assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d'Israël, le Yediot Aharonot.

Et surtout, la justice le soupçonne d'avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne de télécommunications Bezeq en échange d'une couverture médiatique favorable d'un des médias du groupe, l'influent site Walla.

Son procès devait s'ouvrir mi-mars, mais la pandémie de Covid-19 a repoussé l'échéance au 24 mai.

Vers un marathon judiciaire

Les avocats de Benyamin Nétanyahou avaient demandé à ce qu'il n'ait pas à se présenter à l'ouverture d'un procès qui pourrait s'étirer sur plusieurs mois, voire des années en incluant de possibles appels. Mais le tribunal a confirmé ces derniers jours que le Premier ministre devait être présent à l'audience, même si celle-ci reste technique, avec au programme la lecture des actes d'accusation. 

En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais, à la différence des autres élus et des fonctionnaires, il n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps de son procès.

Le principal intéressé plaide son innocence, dénonce un complot ourdi par la justice contre lui mais pourrait aussi, à tout moment d'ici le verdict, négocier une peine avec le procureur comme l'y autorise le droit israélien.

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