Le roi Salman Ben Nayef remanie son pouvoir dans un Golfe en proie aux tensions

Le roi Salman d\'Arabie Saoudite et son nouveau prince héritier Mohamed Ben Nayef (à gauche), le 27 janvier 2015 à l\'aéroport de Riyad pour accueillir Barack Obama. 
Le roi Salman d'Arabie Saoudite et son nouveau prince héritier Mohamed Ben Nayef (à gauche), le 27 janvier 2015 à l'aéroport de Riyad pour accueillir Barack Obama.  (Reuters/Jim Bourg)

En plein engagement au Yémen et sur fond de tensions croissantes dans le Golfe, le roi d’Arabie Saoudite a procédé à un remaniement de l’équipe au pouvoir. Une manœuvre politique à double détente destinée à consolider le retour du clan des Soudayris aux commandes et à redonner au royaume sa position de puissance régionale face à la poussée de la République Islamique d’Iran dans toute la région.


De nuit et un peu comme en urgence, le nouveau souverain saoudien, Salman Ben Nayef, a remanié en profondeur son équipe dirigeante pourtant en place depuis seulement trois mois.
 
Pour la première fois dans l’histoire du royaume, il a relevé de ses fonctions le prince héritier Moqrin Ben Abdelazziz, 69 ans, nommé par le défunt roi Abdallah, et attribué le poste à son neveu Mohamed Ben Nayef. Agé de 55 ans, ce proche des Américains a également été désigné vice-Premier ministre et conserve son poste de ministre de l’Intérieur dans lequel il s’est illustré dans la lutte contre Al-Qaida.

Dans la foulée, le roi a propulsé son propre fils, Mohamed Ben Salman, au poste de vice prince héritier. Une poste d’avenir qu’il cumule désormais avec celui de ministre de la Défense, où il est au premier plan dans la guerre menée au Yémen.

Une reprise en main par le clan des Soudayris 
En bouleversant l’ordre des successeurs, pourtant discuté et validé par le Conseil d’allégeance institué par son prédécesseur, le roi Salman rajeunit les deux postes clés de la sécurité du royaume et assure à la branche des Soudayris de la famille Al-Saoud une continuité au pouvoir, dont ils avaient été maintenus à l’écart.
 
Enfin, pour parfaire cette prise en main autoritaire, il a démissionné, «à sa demande, pour raison de santé», Saoud al-Fayçal, le chef de la diplomatie saoudienne durant quarante ans, et nommé à sa place Adel al-Joubair, jusque là ambassadeur du royaume à Washington. Agé de 53 ans, ce jeune diplomate ne fait pas partie de la famille régnante mais il est percu comme un technicien compétent qui fera un exécutant loyal.
 
Contrer l'activisme chiite iranien
Ce remaniement vient accompagner les tentatives de Riyad de reprendre l’initiative dans une région dominée par l’activisme chiite iranien et la montée en puissance du djihadisme sunnite du groupe Etat Islamique. L’Arabie Saoudite a mis sur pied une coalition arabe pour combattre la rébellion Houthie au Yémen, appuyée par Téhéran. Avec le Qatar et la Turquie, elle pousse à la chute du régime de Bachar al-Assad porté à bout de bras par l’Iran et son bras armé libanais, le Hezbollah.
 
Enfin, elle se prépare à faire face à une remontée des tensions dans le Golfe. Des vedettes iraniennes ont joué des muscles en harcelant un porte-conteneurs battant pavillon américain et en arraisonnant un cargo battant pavillon des îles Marshall. Une «provocation», selon le Pentagone, accompagnée d’une déclaration non moins provocatrice du commandant de la marine de la République Islamique. «Il n’est caché à personne que l’Iran est la première puissance maritime dans la région.»
 
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