Iran : un homme condamné pour espionnage pour la CIA et le Mossad exécuté

Le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, le 28 juillet 2020.
Le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, le 28 juillet 2020. (IRANIAN PRESIDENCY / AFP)

L'ex-traducteur Mahmoud Moussavi Majd a été accusé d'avoir fourni à la CIA et au Mossad des renseignements sur les forces iraniennes en Syrie.

"La condamnation de Mahmoud Moussavi Majd a été exécutée lundi matin pour espionnage, afin que le cas de sa trahison envers son pays soit clos pour toujours." L'Iran a exécuté, lundi 20 juillet, un ancien traducteur reconnu coupable d'espionnage au profit des Etats-Unis et d'Israël, notamment sur les déplacements d'un général iranien tué plus tard par les Américains, a annoncé le site officiel de la justice iranienne, Mizan Online. 

Téhéran et Washington étaient au bord d'un conflit après l'élimination en janvier par les Etats-Unis du général Qassem Soleimani, tué par une frappe de drone près de l'aéroport de Bagdad, en Irak. En riposte à cet attentat contre le commandant de la Force Qods, l'unité d'élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, Téhéran avait lancé des missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des Américains, provoquant d'importants dégâts matériels sans faire de victimes, selon Washington.

Il a "infiltré de nombreuses zones sensibles"

L'ex-traducteur Mahmoud Moussavi Majd a été accusé d'avoir fourni à la CIA et au Mossad des renseignements sur les forces iraniennes en Syrie et notamment sur les déplacements du général Qassem Soleimani. Selon le communiqué de l'Autorité publié en juin, le processus judiciaire sur l'affaire Majd avait néanmoins débuté "longtemps avant" l'assassinat du général, et il n'était pas impliqué dans l'opération d'élimination de Soleimani.

Mahmoud Moussavi Majd a émigré en Syrie dans les années 1970 avec sa famille et a travaillé comme traducteur en anglais et en arabe dans une entreprise, a ajouté Mizan Online, soulignant que le condamné avait choisi d'y rester après la guerre en Syrie pendant que sa famille partait. "Sa connaissance de l'arabe et sa familiarité avec la géographie de la Syrie l'ont rendu proche des conseillers militaires iraniens, et il a pris des responsabilités dans des groupes stationnés d'Idleb à Lattaquié", ajoute le site.

Il n'était pas un membre officiel des Gardiens de la Révolution "mais a infiltré de nombreuses zones sensibles sous couvert de traducteur", toujours selon Mizan Online. L'Autorité ajoute encore que Majd a reçu des "dollars américains pour révéler des informations sur les convois de conseillers, l'équipement militaire et les systèmes de communication, les commandants et leurs mouvements, les zones géographiques importantes, les codes et les mots de passe" jusqu'à ce qu'il fasse l'objet d'un contrôle et soit privé d'accès à ces informations. Il avait été arrêté le 10 octobre 2018, indique Mizan Online.

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