Championnat du monde féminin d’échecs en Iran: le hijab obligatoire fait débat

L’Iran impose le port du hijab à toutes les joueuses, y compris étrangères.
L’Iran impose le port du hijab à toutes les joueuses, y compris étrangères. (ATTA KENARE / AFP)

Les appels se multiplient contre la tenue du championnat du monde féminin de jeux d’échecs qui se tient en février dans la capitale iranienne. En cause: l’obligation imposée par l’Iran à toutes les joueuses, y compris les étrangères, de porter le hijab. Des grands champions appellent au boycott au nom des droits des femmes. Téhéran se montre inflexible.


Il n’y aura pas d’exception, avertit Téhéran. Toutes les joueuses, qui se rendront en février 2017 en Iran pour le championnat du monde, devront porter le hijab (voile islamique). Une mesure qui déplaît à Nazi Paikidze-Barnes, une Américano-Géorgienne de 22 ans et l'une des meilleures joueuses d'échecs des Etats-Unis. Elle a décidé de boycotter cette compétition. Et a dénoncé sur les réseaux sociaux son organisation dans un pays «où les femmes n'ont pas de droits fondamentaux et où elles sont traitées comme des citoyens de seconde zone».
 

Sa pétition, lancée en ligne, rencontre un grand succès. De grands champions d’échecs, à l’instar du Russe Gary Kasparov, l’ont rejointe et demandent l’annulation de la compétition en Iran et sa tenue dans un autre pays.
 

«Une chance» pour les joueuses iraniennes
Les joueuses iraniennes, elles, voient au contraire ce rendez-vous international comme «une chance», voire une opportunité, pour le statut de la femme dans leur pays. «C'est la première fois que nous recevons un championnat du monde (toutes disciplines confondues) et je pense que c'est très important pour les Iraniennes d'avoir cette chance. La campagne contre ce tournoi n'aide pas», affirme Sara Khademalsharieh, 19 ans.

 
«Partout dans le monde, il existe des règles sur la manière de se couvrir le corps. Nous ne voulons forcer personne dans le monde à faire ce que nous faisons, mais les règles en Iran doivent être respectées par tous, y compris les étrangers», tranche le président de la fédération iranienne d'échecs, Mehrdad Pahlevanzadeh.
 
Depuis la révolution islamique de 1979, le port du foulard islamique est obligatoire en Iran pour toutes les femmes, y compris les étrangères. A Téhéran et dans les grandes villes, il est souvent porté négligemment, en arrière, laissant largement apparaître les cheveux.
         
Le président de Fédération internationale d'échecs (Fide), Geoffrey Borg, au cours d’une récente visite à Téhéran, a affirmé ne pas avoir reçu la moindre objection quand l'Iran avait été sélectionné pour accueillir cette compétition.
 
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